Ma dernière grasse matinée remonte à…

Ma dernière grasse matinée remonte à…

Ma dernière grasse matinée remonte à…
À quand déjà ?
J’ai beau chercher, je ne trouve pas.
Ce qui est suffisant pour prouver qu’elle doit remonter à vraiment très, très loin.

Souvent, je me dis qu’on n’est pas compatibles, mes enfants et moi: j’ai besoin de plus de sommeil qu’eux.

En semaine, bien évidemment, il faut l’équivalent d’un séisme de magnitude 9 pour les réveiller.
Mais le week-end, allez comprendre pourquoi, ce sont eux le séisme de magnitude 9.
Sûrement leur vengeance personnelle pour les avoir tirés des bras de Morphée du lundi au vendredi.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir mis en place des stratégies élaborées.

J’ai feint de ne pas les entendre pour que leur père se lève (en le désignant volontaire d’un aussi subtil que discret coup de pied dans les mollets).
Je ne sais pas s’il faut y voir une corrélation quelconque, mais il semblerait que le fait de les avoir portés pendant neuf mois fasse de moi la plus compétente pour m’en occuper jusqu’à neuf heures, si je m’en réfère aux « on veut maman » scandés depuis le salon, qui empêchent toute tentative de réendormissement.

Autre idée : je les ai couchés plus tard, pleine d’espoir, pour décaler leur heure de lever.
Résultat : je n’ai eu ni grasse matinée, ni soirée.

J’ai également tenté de leur apprendre les rudiments de la préparation en solo du petit déjeuner.
Avant de m’apercevoir que le micro-ondes n’était pas à leur portée et l’usage du grille-pain un brin risqué.

Je leur ai acheté le réveil censé révolutionner mes matins. Celui avec le lapin que tu peux programmer en mode nuit jusqu’à neuf heures du matin.
L’idée de suivre le rythme biologique du lapin ne les pas convaincus.

Je leur ai mis au pied du lit des activités diverses et variées, praticables en toute autonomie : lecture, coloriages et playmobil.
Malheureusement, il semblerait que ces occupations n’aient pas la même saveur sans moi pour les regarder les faire.

Il y a bien eu quelques (très rares) exceptions.
Le radio réveil affichant neuf heures, et miracle, aucun enfant à l’horizon.
L’occasion de glaner quelques heures de sommeil, soit le milliardième du temps de récupération dont j’aurais besoin depuis leur naissance.
Mais bien sûr, lors de ces matins tellement inattendus, j’étais réveillée.
Par le doux ronflement qui émanait de l’oreiller d’à côté.
Par la douce voix des éboueurs.
Par une envie pressante d’aller aux toilettes.
Par une pensée qui ne pouvait attendre l’aube, à savoir ai-je bien pensé à commander les couches sur mon Drive d’hier ?

Alors, j’ai repensé au dicton préféré de ma grand-mère : la journée appartient à ceux qui se lèvent tôt.
Et j’ai compris qu’avec ses quatre enfants, elle avait eu l’occasion de suffisamment l’éprouver pour le déclamer.
Texte : @haut_les_nains

Caroline Cheptou