Liane de Pougy

Liane de Pougy

Voici cette semaine un personnage aussi singulier qu’attachant, une femme superbe qui vécut couverte de bijoux et de gloire, qui aima les hommes mais aussi les femmes, qui fut danseuse de cabaret et grande cocotte de son époque, et qui finira sa vie religieuse, dans le dénuement le plus total.

Liane de Pougy, de la débauche à la grâce

Anne-Marie Chassaigne, née en 1869 à La Flèche, est fille d’officier et grandit avec le type d’éducation qui convient à une enfant de cette époque et de ce milieu, dans un couvent à St Anne d’Auray.
Mariée en 1886 à un militaire, les époux auront un fils unique qui tombera plus tard au champ d’honneur en 1914, parmi les premiers de la guerre. Très tôt la très jeune femme trompe son mari et finit par s’enfuir à Paris en demandant le divorce. Elle a 19 ans.

b0075091853c088934ac4e569890a959  liane   liane bisexuelle

Très vite engagée aux Files-Bergères elle devient danseuse de cabaret sous le nom de Liane de Pougy, et sa beauté ravageuse la fait grimper très vite dans ce milieu, jusqu’à devenir une des plus grande courtisane du moment.
Ouvertement bisexuelle, elle sera très populaire à Paris autant pour sa vie scandaleuse que pour sa beauté. Au sommet de sa carrière et quadragénaire, elle rencontre le prince Ghika, noble désargenté d’origine Roumaine, qui l’épouse en 1910. Pendant 16 ans le mariage est heureux, jusqu’à ce que le Prince la trompe pour une femme beaucoup plus jeune et la quitte.

C’est alors qu’en 1928, Liane rencontre la mère supérieure de l’asile Sainte Agnès, près de Grenoble. Petit à petit s’opère un changement chez la princesse qui retrouve la foi de son enfance et devient très proche du couvent pour lequel elle lève d’ailleurs de nombreux fonds auprès de ses connaissances parisiennes.
Après la mort de son époux, alors septuagénaire, elle entre dans l’ordre comme tertiaire dominicaine, sous le nom de Sœur Anne-Marie Madeleine de la pénitence. Non cloitrée car religieuse tertiaire, elle retourne à Lausanne où elle transforme une chambre d’hôtel en cellule et y vit jusqu’au 26 Décembre 1950, date à laquelle elle meurt.

pougy religieuseLes écrits de Liane de Pougy à la fin de sa vie sont fabuleux de piété et de repentir, et cette femme qui connut la gloire dans une débauche incroyable, n’a eu de cesse de se rapprocher du ciel dans les dernières années de sa vie. Dans « Les cahiers bleus », qu’elle voua à la publication et qui sont un témoignage magnifique de cette conversion, j’ai relevé ce passage Elle écrivait en 1940, avec une humilité qui ne peut laisser insensible :

«  O mon âme, bénis le Seigneur, O Esprit Saint, inspirez moi pour dire ici la bonté de Dieu envers sa pauvre créature, égarée, coupable.
Grande sainte Thérèse qui brûliez d’Amour pour Lui, animez mon pauvre cœur qui serait déchiré, meurtri, sanglant s’il ne s’était, de par la grâce merveilleuse de Dieu, retrouvé »

On pourrait relever de nombreux autres textes superbes que cette femme en quête de pardon écrivit, mais je préfère vous laisser le loisir de découvrir sa vie, bouleversante et touchante, à travers son propre récit.
Pour ma part, Liane de Pougy m’entraine à refuser la médisance et les jugements hâtifs, au profit de la prudence et la bienveillance…

Camille Jaeger

Fascinée par les femmes qui ont marqué l’histoire, Camille aime aussi puiser dans les charmes du passé afin de dépoussiérer et moderniser l’art de vivre à la française.

Elle espère vous transmettre ce goût pour les choses simples mais belles, et cette envie de mettre à l’honneur la vraie féminité, celle qui allie rigueur et beauté, culture et légèreté, et nous rend fières d’être ce que nous sommes!