L’espoir plus fort que l’endométriose…

L’espoir plus fort que l’endométriose…

La vie en rose

Mon mari et moi nous sommes mariés un jour d’octobre 2013 à Rocamadour. Le soleil brille d’un éclat radieux et nous sommes infiniment heureux. Concernant notre projet familial, il est simple : nous comptons bien être parents dans 9 mois ! Je n’imagine même pas que cela ne puisse pas se faire ainsi, ou du moins rapidement ! Nous avons parlé d’infertilité pendant nos fiançailles, certes, mais de là à penser que cela puisse nous concerner…

Mon époux part de longs mois deux semaines à peine après notre mariage. Si ce n’est pour cette fois, ce sera à son retour, trois mois plus tard, c’est certain. Nous partons en voyage de noces en mars, à son retour, en Afrique. Là-bas, je suis prise de maux de ventre – peut-être que… Non, il s’agit encore et toujours de mes règles, douloureuses depuis toujours. Nous attendons…

Désir d’enfant, de la déception à la frustration

Les mois passent et les annonces de grossesse se succèdent. De la déception, je passe à la frustration, puis commence à poindre comme une aiguille qui me triture le cœur et qui le perce à chaque fois que je croise une femme enceinte.
A présent, je ne supporte plus les blagues lorsque je ne bois pas d’alcool à un apéro, d’ailleurs, elles se font de plus en plus rares, les gens semblent penser que cela ne nous concerne pas. Je pleure à chaque début de cycle, et mon mari est un peu désemparé. Pendant ce temps, mes douleurs s’intensifient.

 

 

Une nuit, pendant mes règles, je crois mourir tant je me tords de souffrance, mon époux appelle un médecin, il est 1h du matin, le-dit médecin arrive à 3h, mes douleurs sont passées. Il m’examine rapidement et hoche la tête l’air de dire « ma pauv’dame, faut prendre un spasfon et ne pas me déranger ». Je me sens incomprise. Heureusement, mon cher mari veille sur moi et m’entoure de toute sa tendresse d’époux. Il comprend, lui, et il souffre avec moi.

Cette nuit me décide à consulter, peut-être mes douleurs ont-elle un lien avec notre désir si inassouvi d’enfant ? Nous sommes fin mars 2015, nous sommes mariés depuis bientôt 1 an et demi. L’on me conseille un gynécologue : « le meilleur de la ville » ; je me rends à son cabinet, il m’examine, me fait une échographie et déclare : « Je ne pense pas que vous ayez de l’endométriose, vous êtes trop jeune (le rapport ?), si vous ne vouliez pas d’enfant, je vous prescrirai la pilule mais comme vous en voulez… essayez encore et si au mois de juin, vous n’êtes pas enceinte, je vous prescrirai de la progestérone ». Cela ne nous satisfait pas. Quelle souffrance que d’attendre encore des mois sans rien faire !

 

Naprotechnologie et soutien médical

Nous avions entendus parler de la NaProtechnologie par des amis, un peu par hasard, sans penser vraiment que cela serait nécessaire un jour ! A présent, nous sommes prêts, nous nous lançons dans la napro, via skype, car nous sommes un peu loin de tout le monde. Nous avons la chance d’avoir une monitrice exceptionnelle, disponible et pleine d’empathie pour nous ! Enfin, les choses bougent.

Nous avons notre premier rendez-vous médical début juin, un samedi. Le médecin regarde nos tableaux et déclare qu’il me pense atteinte d’endométriose. Nous repartons donc avec une ribambelle d’examens médicaux à faire. Mon mari part le lundi suivant… Je ne peux plus communiquer avec lui jusqu’à son retour. Il se trouve qu’en parlant avec une connaissance (elle deviendra une véritable amie), nous nous apercevons que nous sommes suivies par la même monitrice et le même médecin et que nous avons à faire toutes deux une irm. Notre médecin, sur notre demande, s’arrange pour que nous fassions notre irm ensemble, joie ! Son mari est également absent, nous pourrons nous soutenir.
La veille de l’irm, je fais une écho durant laquelle on me détecte un kyste « de type endométriosique », je sens que l’irm va servir à quelque chose. Nous nous rendons le lendemain à Nantes pour l’irm, je passe la première. Je suis un peu stressée mais je ne suis pas seule. C’est long tout-de-même ! En sortant, je laisse la place à mon amie. Je me sens mal, le produit de contraste me fait vomir. J’attends dans la salle d’attente. Mon amie sort, nous discutons dans la salle d’attente lorsque le médecin vient et déclare devant les personnes présentes : « bon bah, vous avez de l’endométriose hein, j’enverrais le résultat à votre médecin », et, se tournant vers mon amie : « vous c’est pas de l’endométriose », elle tourne les talons. Je suis abasourdie, je ne sais pas que penser. Tout se bouscule dans ma tête : suis-je horrifiée de me savoir infertile ? suis-je rassurée de savoir que l’on a découvert ce qui dysfonctionnait ? Je suis un peu perdue. Deux heures plus tard, je suis dans le train, seule cette fois. Je me mets à pleurer. J’ai envie de voir mon mari. Il ne rentre que dans un mois et demi. Et j’ai encore l’hystéro-salpingographie à faire… L’idée me panique. Alors Maman prend le rendez-vous pour moi, et Papa, mon cher Papa, fait 600km pour ne pas me laisser seule, il m’accompagne à l’hôpital. Que je lui en suis reconnaissante !!!
Cet examen se déroule très bien. Les résultats ne révèlent aucune autre anomalie.

Enfin, je peux souffler. L’Espérance me regagne et, enfin, mon mari rentre ? Je l’attends, un peu fébrile, ne sachant trop comment lui annoncer la nouvelle. Mais lui, submergé par la joie du retour, m’enveloppe d’un amour bienveillant. Je me sens plus légère. Je ne suis pas seule. La vie est belle malgré tout.

« Votre infertilité était due à cette endométriose, à présent, pour moi, vous êtes parfaite »

Les résultats de l’irm tardent à parvenir au médecin qui m’oriente à leur réception vers un chirurgien renommé, et surtout exceptionnel du point de vue humain. Rendez-vous pris, je serais opérée le 29 septembre 2015. Je suis un peu angoissée à l’idée que l’on vienne me triturer les ovaires mais j’ai hâte, tellement hâte que l’on retire ces vilaines cellules qui m’empêchent d’avoir un bébé !! Mon mari peut prendre quelques jours, il m’accompagne à Paris. En entrant dans la salle d’opération, je tremble un peu, le chirurgien s’approche de moi et me caresse la joue pour me rassurer : « tout va bien se passer », je m’endors sur ces paroles.
J’ouvre les yeux une heure plus tard. Tout s’est bien passé. Je regagne ma chambre, mon cher époux m’y attend. Je me rendors. Papa me rend visite, Maman également, une amie vient me témoigner son affection. Puis, le chirurgien passe dans ma chambre et tient ce propos : « L’intervention s’est très bien déroulée, j’ai retiré de l’endométriose dans les ligaments utéro-sacrés ainsi que dans chacun des ovaires ». Le kyste visible à l’échographie mesurait plus de 3,5 cm ! Il termine par ces mots si gentils qui me font pleurer : « Votre infertilité était due à cette endométriose, à présent, pour moi, vous êtes parfaite ! Vous pourrez avoir un bébé ». Mes larmes jaillissent et ne s’arrêtent pas. Mon cœur éclate de joie ! Enfin ! Ces mots si rassurants !
Je me remets tranquillement, les mois d’octobre et de novembre passent et mes cicatrices me tiraillent, je suis impatiente mais confiante.

Notre miracle

Mi-janvier : je me tords de douleur depuis une semaine. Je n’en peux plus, je crois mon endométriose revenue, cela me déprime. J’ai des heures supp depuis le début du mois et je suis épuisée par ce rythme. J’ai vraiment des douleurs insoutenables alors je décide de me rendre chez mon médecin. Nous sommes jeudi soir, je me rends à mon rendez-vous alors que mon mari et mon frère sont sortis, nous devons passer la soirée tous les trois.
Après m’avoir examiné, mon médecin me déclare : « rendez-vous immédiatement aux urgences, je pense que vous faites une grossesse extra-utérine ». Je n’y crois pas. Je ne peux pas être enceinte, et si c’était le cas, je serais vraiment maudite d’avoir une grossesse extra-utérine ! Je rentre chez moi, j’attrape mon mari au vol en plantant là mon petit frère et les pizzas. Aux urgences, nous avons le droit à de l’attente, une prise de sang, de l’attente…

Enfin, l’interne nous reçoit et nous déclare : « Donc l’infirmière vous a dit que votre test était positif ? » Euuuh… Quoi ?????? « Ah, désolée, c’est peut-être un peu soudain ?! » « Euh, oui enfin non, enfin on ne s’y attendait pas, mais en fait on l’attendait. Vous êtes sûre ? ». Elle sort. Nous nous regardons, abasourdis, tellement heureux et un peu inquiets du positionnement du bébé. Je retournerai à l’hôpital 24h plus tard, puis 48h puis 72h, jusqu’à ce que l’on soit certain de sa place. Notre petite fille était bien fichée dans l’utérus. J’aurais dû avoir mes règles ce soir-là. Et j’ai appris la plus grande des joies.

Notre princesse est née le 15 septembre 2016 avec une petite vingtaine de jours d’avance, en pleine santé. C’est une enfant très paisible et heureuse. Elle a sans doute senti dès ses premiers instants la formidable joie que provoquait sa venue et l’amour infini que nous lui portons. C’est notre miracle !

Depuis cet heureux jour de septembre, le miracle s’est répété ! Notre petit garçon fêtera son premier anniversaire en mai, une belle et heureuse victoire sur cette maladie perfide !
Isaure
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