Les fausses couches spontanées

Les fausses couches spontanées

Qu’est-ce qu’une fausse couche spontanée ?

Une fausse couche spontanée est une interruption de la grossesse avant le terme de 24SA. Il faut savoir que les fausses couches précoces sont le plus souvent sporadiques et correspondent à un processus naturel de sélection. Elles sont fréquentes, survenant environ lors de 15 % des grossesses diagnostiquées.

Certaines femmes peuvent malheureusement faire plusieurs fausses couches de suite. On parle de fausses couches spontanées répétées. Elles sont définies par trois arrêts de grossesse avant 12 semaines d’aménorrhée (SA) et concernent environ 1 à 2 % des couples désirant une grossesse.

Ces couples sont souvent désemparés car, si une première fausse couche est souvent banalisée, la répétition des fausses couches conduit à une prise en charge qui n’est pas standardisée.

Effectivement, un bilan à la recherche de la cause de la fausse couche peut être proposé bien que la cause précise est souvent difficile à déterminer, en dehors d’anomalies chromosomiques mises en évidence par la réalisation du caryotype (carte des chromosomes) du fœtus.

La prise en charge des fausses couches

Le signe clinique principal d’une fausse couche est un saignement rouge d’apparition soudaine accompagné parfois, de douleur telle que des règles. Vous devez alors consulter aux urgences.

La première chose est d’être sûr de l’arrêt de la grossesse. Si la fausse couche est très précoce et que le fœtus est difficile à visualiser, une deuxième échographie peut être réalisée 8 jours plus tard.

Une fois le diagnostic confirmé, il existe trois types de traitement :

  • Prise en charge médicale lorsque la grossesse était à moins de 14SA.
    Quinze jours plus tard, une échographie de contrôle sera faite pour vérifier que l’expulsion de la grossesse a été complète.
  • Prise en charge chirurgicale sous anesthésie locale ou générale par aspiration.
  • Expectactive : on laisse la nature faire avec une surveillance médicale rapprochée.

Le choix de votre prise en charge est à discuter avec le médecin

Il arrive également que vous sentiez que quelque chose ne va pas dans le bon déroulement de votre grossesse, ou que vous soyez suivie plus régulièrement en début de grossesse pour X ou Y raisons… Vous pouvez vous rendre compte d’une fausse couche avant même d’avoir les saignements lorsque vos taux d’HCB ou d’oestradiol / progesterone chutent. Parlez-en rapidement à votre médecin, pour connaitre la démarche à suivre dans votre cas, il faut à tout prix s’assurer qu’il n’y ait pas de grossesse extra-utérine.

Le diagnostic d’une fausse couche est un moment souvent douloureux pour une femme d’autant plus si vous aviez déjà bien investie votre grossesse et vous étiez projetée sur sa suite. N’hésitez donc surtout pas à demander un soutien psychologique pour vous accompagner au cours de ce douloureux événement.

couple-336655_1280Accueillir une nouvelle grossesse après une fausse couche peut également être plus difficile et stressant pour vous. Ne restez surtout pas avec vos angoisses et vos questions, et n’hésitez pas à vous faire entourer pour poursuivre sereinement cette nouvelle grossesse.
La place du conjoint est souvent très délicate dans ces moments-là. En effet, la grossesse était encore précoce, il n’a pas eu le temps de trouver sa place. Il peut donc avoir du mal à comprendre votre souffrance.
Ne lui en voulez pas et n’hésitez pas à en parler en couple et à lui dire ce que vous ressentez.

Laure Laroche

Témoignage des Mamans

J’ai su que j’avais perdu mon bébé à ma toute première échographie à 7 semaines d’aménorrhées. Le bébé n’était pas assez grand compte tenu de son âge. Une deuxième échographie a donc été prévue une semaine plus tard pour confirmer cette terrible nouvelle. Cela a été très dur, car je commençais à ne plus ressentir les symptômes de grossesse, plus vraiment de fatigue, plus de poitrine gonflée, plus de nausées. Je m’accrochais à ce bébé en lui demandant de ne pas partir, toute la journée, je connaissais déjà son prénom…
Les saignements ne sont pas venus naturellement, j’ai du prendre un médicament qui provoque l’expulsion du bébé et du placenta.
C’est un moment très difficile à vivre, mon mari a été très bienveillant même si je voyais beaucoup de tristesse dans ses yeux.  3 mois plus tard j’étais de nouveau enceinte, et tout s’est bien passé, je suis sure que notre bébé du Ciel veille sur nous! Alice RD

 

J’ai eu une première grossesse très surveillée car nous avions mis beaucoup de temps avant d’attendre notre bébé. Alors quand je suis tombée enceinte une deuxième fois le plus naturellement du monde, j’étais un peu stressée d’être seule avec mon bébé, sans corps médical ni médicaments. J’ai demandé à mon médecin de me prescrire une prise de sang pour vérifier mes taux (surtout la progesterone qui me fait souvent défaut), je devais sentir que quelque chose n’allait pas.
Les résultats de PDS me l’ont confirmé, les taux de progesterone n’étaient vraiment pas bons. J’ai refait des prises de sangs tous les deux jours et tous les taux chutaient ( HCG, oestradiol, progesterone…). C’était une fausse-couche.
J’ai mis quelques jours à vraiment comprendre, passer en quelques jours à l’euphorie d’être enceinte à la lourde peine d’avoir perdu cet enfant, m’a été très difficile. Je ne voulais pas accepter que cet enfant ne soit plus en Vie, et plus en moi.

Quelques jours après j’ai eu des saignements, plutôt légers d’ailleurs. Cela m’a aider à concrétiser cette fausse-couche. Il faut se dire que c’est un avenir plein de promesses qui nous attend, et que même après une « mini grossesse », nous avons encore plus de chances de tomber enceinte d’une autre petite Vie. Isaure de F.

 

J’étais enceinte d’un oeuf clair, c’est-à-dire qu’il n’y avait que le sac gestationnel et pas de bébé. Je m’en suis rendu compte à l’échographie puis par une prise de sang qui a confirmé la fausse-couche. J’étais terriblement malheureuse et choquée, en quelques semaines on arrive déjà à bien se projeter, on voit déjà son ventre grossir, on cherche des prénoms, on connait la date de son accouchement…
C’est très difficile de reprendre « sa vie d’avant », souvent nous n’avons pas encore annoncé notre grossesse à nos proches, et donc partager cette fausse-couche avec son entourage est compliqué, car vos amis vous rassurent, et vous réconfortent, mais personne ne peut comprendre ce qu’il se passe dans votre corps et dans votre tête.
J’ai eu besoin de plusieurs semaines pour faire le deuil de cette grossesse, et ne voir personne! Heureusement la Vie est plus forte que la Mort, j’ai eu 2 petits chéris très peu de temps après! Agnès V

Laure Laroche

Master de maïeutique à l'Université de St Quentin en Yvelines.
Sage-femme en maternité. Cours de préparation à la naissance et à la parentalité.
Formation master d'éthique biomédicale à l'institut politique Léon Harmel.

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