Les examens réalisés dans un contexte d’infertilité

Les examens réalisés dans un contexte d’infertilité

L’examen clinique

Lors de votre première consultation, le gynécologue vous fera un examen clinique avec vérification des frottis cervicovaginaux et palpation des seins. Cet examen peut apporter quelques indices sur les causes de votre infertilité.

Rassurez votre mari, son examen clinique n’est pas nécessaire d’emblée en l’absence de signes particuliers (Il viendra peut-être plus facilement à la première consultation en sachant cela…). Il pourra être réalisé plus tard en cas d’anomalie du spermogramme, soit par le gynécologue lui-même soit par un andrologue.
Ces examens peuvent être lourds psychologiquement et moralement, il est bon d’en parler ensemble au préalable.

Les examens de première intention

Au terme de la première consultation, les examens généralement prescrits sont les suivants :

  • Courbe de température,
  • Test post-coïtal
  • Spermogramme et spermocytogramme,
  • Contrôle des sérologies

Si la cause d’infertilité est évidente, les examens complémentaires seront évidemment plus ciblés.

La courbe de température

La courbe de température reste le premier examen qui vous est demandé car elle est simple et non couteuse. Il vous suffit de prendre chaque matin votre température au lever.
La température corporelle augmente de quelques dixièmes de degrés au moment du pic ovulatoire. La courbe de vos températures permettra donc de savoir si vous ovulez ou non.

L’ovulation se produit au Jour Pic +/- 2 jours dans 95% des cycles.

Le test post-coïtal

Le test post-coïtal ou test de Huhner permet d’apprécier la qualité de la glaire et son interaction avec les spermatozoïdes. Il permet de compléter l’étude du spermogramme. Il consiste à vous demander d’avoir un rapport avant l’ovulation (en général vers le 11e ou 12e jour du cycle) et le lendemain d’aller dans un laboratoire ou chez votre gynécologue qui mettra un spéculum, prélèvera la glaire cervicale et observera l’interaction entre la glaire et les spermatozoïdes.

Le but de ce test est de :

  • Vérifier le caractère complet du rapport
  • Quantifier le nombre de spermatozoïdes présents
  • Evaluer le comportement et la survie des spermatozoïdes dans la glaire

Le spermogramme

Cet examen consiste à donner son sperme afin qu’il soit analysé (nombre de spermatozoïdes, mobilité et pourcentage de formes normales et anormales). Il est important d’observer une période d’abstinence de 2 à 5 jours avant le recueil du sperme.

Pour le recueil du sperme, certains laboratoires permettent d’utiliser lors d’un rapport sexuel normal, un collecteur spécifique, qui est un préservatif perforé. Le sperme est ensuite transvasé dans un flacon qui doit arriver au laboratoire en moins d’une heure. Les conseils d’utilisation sont fournis avec le collecteur. Cette méthode, éthique et généralement mieux acceptée par les hommes, permet par ailleurs de recueillir le liquide pré-éjaculatoire, très riche en spermatozoïdes.

L’échographie pelvienne

Cet examen permet de rechercher par une technique d’imagerie, une anomalie au niveau des ovaires des trompes de Fallope ou de l’utérus.

 examen chirurgie infertilite

Les examens de seconde intention

Les résultats de vos premiers examens permettront à votre gynécologue de choisir de poursuivre ou non l’exploration avec d’autres examens :

  • Hystérographie (radiographie de l’utérus et des trompes)
  • Hystéroscopie (examen de la cavité utérine)
  • Exploration hormonale
  • Cœlioscopie

L’hystérographie

Elle est très souvent pratiquée sauf en cas d’infertilité masculine étiquetée. L’hystérographie consiste à injecter par le col de l’utérus un produit de contraste puis à vérifier que le produit passe bien dans l’utérus ainsi que dans les deux trompes de Fallope.
On vérifie ainsi leur perméabilité qui est indispensable à la rencontre de l’ovocyte avec les spermatozoïdes.

L’hystéroscopie

Elle est de plus en plus utilisée en infertilité. L’hystéroscopie consiste à introduire une petite caméra par le col de l’utérus afin d’examiner la forme de la cavité utérine et de sa muqueuse.

Les dosages hormonaux

Ils sont désormais pratiqués quasi systématiquement. Une ou plusieurs prises de sang sont réalisées au cours du cycle pour vérifier la présence et la qualité de votre ovulation. On peut ainsi connaitre votre réserve ovarienne, c’est-à-dire le nombre d’ovules qu’il reste dans vos ovaires.

La cœlioscopie

Cet examen est généralement réalisé en dernier si les autres examens n’ont pas « parlé ». La cœlioscopie est réalisée le plus souvent sous anesthésie générale et consiste à introduire une petite caméra par l’ombilic pour explorer la cavité utérine. Elle permet d’analyser l’utérus, les ovaires et les trompes.

  • Elle est généralement proposée lorsqu’il existe un doute sur l’état des trompes ou en cas de suspicion d’endométriose.

 

Et pour votre mari?

Si rien n’apparaît de votre côté et que vous le désirez (en couple), des études plus approfondies du sperme, des dosages hormonaux et l’étude des chromosomes (caryotype) peuvent être demandés.
D’autres examens peuvent être ensuite prescrits en fonction de vos antécédents et des résultats des premiers tests.

Il est bon de prendre le temps de s’assoir et de parler au sein du couple, ce sont des examens plus ou moins lourds, et il faut que les 2 membres du ménage soient entièrement d’accord et se soutiennent dans ces épreuves.

Laure Laroche

Master de maïeutique à l'Université de St Quentin en Yvelines.
Sage-femme en maternité. Cours de préparation à la naissance et à la parentalité.
Formation master d'éthique biomédicale à l'institut politique Léon Harmel.