L’endométriose : « la maladie de l’ombre »

L’endométriose : « la maladie de l’ombre »

Vous avez peut-être lu ou entendu cette semaine une interview de l’actrice Laëtitia Milot ? La star de « Plus belle la vie » a décidé de s’engager contre l’endométriose. Souffrant elle-même de la maladie, elle veut aujourd’hui contribuer à sortir « cette maladie de l’ombre ».

L’endométriose est une maladie gynécologique relativement fréquente : elle concerne 10 % des femmes. Elle se caractérise par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus. Différents organes peuvent être touchés.

On ne connait pas tellement l’origine de la maladie. Certains chercheurs s’orientent vers l’origine génétique tandis que d’autres soupçonnent l’impact de certaines expositions environnementales.

Quel est le mécanisme de l’endométriose ?

Les mécanismes qui conduisent à l’endométriose sont assez mal connus.

La principale hypothèse est celle de l’implantation de matériel utérin provenant des règles. Au cours des règles, du sang peut passer par les trompes et parvenir à la cavité abdominale, transportant avec lui des fragments du tissu de l’utérus, voire des cellules capables de générer de nouveaux foyers endométriaux sur les organes environnants.

Quels sont les symptômes ?

La maladie peut être asymptomatique et découverte de façon fortuite au moment de l’exploration d’une infertilité.

Dans certains cas, elle provoque des douleurs fortes au moment des règles ou en dehors lors des rapports sexuels, de la défécation et de la miction, et/ou une infertilité.

Il existe également d’autres symptômes inconstamment observés :

  • Saignements (métrorragie, rectorragie ou spotting) principalement prémenstruels
  • Fatigue
  • Diarrhée ou constipation
  • Troubles digestifs
  • Brûlure urinaire, sang dans les urines
  • Lombalgie, sciatique ou cruralgie (douleurs irradiant dans la jambe)

Une endométriose est retrouvée chez 40% des femmes présentant des douleurs chroniques au moment des règles.

Comment diagnostiquer une endométriose ?

En plus des signes cliniques, une exploration paraclinique peut être proposée. Une échographique ou si besoin une IRM permettent de détecter une endométriose.

Mais le diagnostic définitif s’appuie sur l’analyse du tissu de l’endomètre (tissu de la cavité utérine) prélevé au cours d’une laparoscopie (chirurgie mini-invasive).

Un traitement uniquement en cas de symptômes

Une endométriose asymptomatique, non douloureuse et ne présentant pas d’impact sur la fertilité n’est en général pas diagnostiquée et donc pas traitée.

Lorsqu’une patiente découvre son endométriose en raison de douleur, on lui propose le plus souvent en première intention un traitement hormonal destiné à provoquer une absence de règles. Cette thérapie permet de réduire les douleurs liées à la réponse hormonale des lésions d’endométriose.

Cependant, il faut avoir conscience que ce traitement fait disparaitre les douleurs mais n’empêche pas la progression de l’endométriose. Une chirurgie est donc le traitement de référence pour retirer les lésions de l’endométriose.

Endométriose et risque de cancer ?

Les lésions d’endométriose peuvent se définir comme des « métastases bénignes ». Le risque de développer un cancer (le plus souvent de l’ovaire) pour ces patientes est donc minime : il est inférieur à 1 %.

Quel lien existe-t-il entre l’endométriose et l’infertilité ?

Il existerait chez les femmes présentant une endométriose, des variations biologiques et physiologiques qui seraient à l’origine de la baisse de leur fertilité. On ne connait pas encore très bien leur lien avec les troubles de la fertilité mais plusieurs études prometteuses sont actuellement en cours pour avancer sur la connaissance et le traitement de cette maladie.

Laure Laroche

Master de maïeutique à l'Université de St Quentin en Yvelines.
Sage-femme en maternité. Cours de préparation à la naissance et à la parentalité.
Formation master d'éthique biomédicale à l'institut politique Léon Harmel.