L’amour parental n’a aucun prix

L’amour parental n’a aucun prix

L’amour parental n’a aucun prix. Il dépasse tout.

Même si nous ne nous en rendons pas compte, le lien que nous tissons avec chacun de nos enfants est à chaque fois singulier. Ses caractéristiques varient en fonction du sexe et de l’âge de l’enfant.

Le lien qui unit une maman à sa fille n’est pas le même que celui qui la lie au fils avec qui elle découvre « l’être garçon » et c’est évidemment valable pour le papa.

De même que l’on n’aime pas de la même façon un grand gaillard de vingt-cinq ans et un petit garçon de dix-huit mois. Ce lien d’amour filial qui se construit dépend aussi de la personnalité de l’enfant et de son caractère, dont chaque trait se noue d’une certaine façon avec chacun des traits de celui de chaque parent et fait la toile de fond d’une relation toujours particulière.

Et bien entendu, il y a aussi nous, avec notre histoire et notre tempérament. Françoise Dolto le répétait souvent : les enfants d’une même fratrie n’ont pas tous les mêmes parents. Pourquoi ? Parce que chacun arrive à un moment particulier de la vie de son père et de sa mère. La femme qui accouche à trente-cinq ans de son troisième enfant n’est plus celle qui, à dix-huit ans, a donné naissance à son premier. Comment imaginer qu’elle puisse tisser avec l’un et l’autre des liens similaires ?

 

Alors oui, chaque enfant est aimé d’une manière singulière par son père et sa mère. Aucun duo parent-enfant ne ressemble à un autre. Chaque amour filial est profondément unique. Aussi unique que vous l’êtes et que le sont vos enfants.
Etre mis par ses parents à une place particulière qui tient compte de son âge, de son sexe et de sa personnalité et savoir que c’est pour cette singularité qu’il est aimé, est pour l’enfant un facteur fondamental d’individuation et de structuration.

C’est parce que votre enfant est perçu – et se sent aimé – par ses parents comme « un et unique » qu’il peut se reconnaître comme tel et prendre conscience de toute sa valeur.
Vous n’aimez pas votre enfant comme un autre. Vous l’aimez pour ce qu’il est, pour ce qu’il est avec vous, pour ce qu’il fait de vous. Vous l’aimez lui et vous n’aimerez jamais personne d’autre de la même manière.

Ne soyez pas obsédés par la crainte que vos enfants éprouvent un sentiment d’abandon ou de jalousie au sein de la fratrie. Ne les mettez pas tous, au nom de l’égalité, sur le même plan : ainsi ce n’est pas parce que vous fêtez l’anniversaire de votre fils qu’il faut systématiquement offrir aussi un cadeau à son petit frère, ni de vous refuser un moment d’intimité avec l’un d’eux. Il ne faut pas barrer la voie de l’individuation de votre enfant.

 

L’amour dont un enfant a besoin ne doit pas être défini par sa quantité mais par sa qualité.
J’essaie souvent de me dire que quoi que j’ai pu faire avec mes enfants, ce qui compte vraiment c’est ce qu’ils en ont fait et ce qu’ils en feront. Oui voilà, le plus important, c’est ce qu’ils auront fait de leurs vies grâce à ce que nous aurons fait pour eux.
Aimer ses enfants c’est leur donner tout ce qu’il faut pour qu’ils vivent leur propre vie. Mais ne jamais leur laisser penser qu’ils nous doivent tout. Nous leur devons aussi beaucoup. Tellement.

© Annaclick

Charline Jouint-Lesassier

Psychologue clinicienne et maman de 3 enfants.
Mère au foyer et inspirée par la maternité, elle est l'auteur du livre « La Naissance d’une Mère » (Editions Edilivre, mai 2016)