« J’ai vécu une grand dépression post-partum »

« J’ai vécu une grand dépression post-partum »

« Babyblues » : un mot qui résonnait de plus en plus dans ma tête avant que tu n’arrives au monde, plus j’avançais dans ma grossesse. Grossesse compliquée mais si magique. Cette sensation inexplicable de te sentir bouger en moi. Je t’attendais, nous t’attendions avec impatience si tu savais. Mais au plus les semaines avançaient, au plus j’avais cette crainte de te montrer aux autres. J’étais partagée entre l’envie de te serrer fort contre moi et cette envie, égoïste, de ne te garder que pour moi. Mon A. Ma princesse, j’avais si peur de ton arrivée sur terre. Puis les choses se sont passées plus vite que prévu, il fallait que nous provoquions mon accouchement pour que j’ai une chance de te mettre au monde par voie basse. Tu es donc née trois semaines plus tôt que le terme annoncé. C’était pour notre bien à toutes les deux mais moi je l’ai vécu autrement. 48h de travail, toi non plus tu ne voulais pas montrer le bout de ton nez tout de suite. J’ai eu cette horrible sensation que nous te forcions à sortir de ton nid douillet. J’ai eu cette horrible sensation qu’on t’arrachait à moi, sans me demander mon avis.

L’excitation de te découvrir

Quelle excitation de la part de ton papa et de nos familles … Nous n’avions prévenu personne d’autres du déclenchement car nous voulions vivre cela, tous les 3, le plus sereinement possible. Les sages femmes et infirmières étaient à nos petits soins (surtout ceux de papa qui a eu le droit à je ne sais combien de cafés, mais chut il ne faut pas le dire).

Et puis au bout de 48h tu as fini par arriver au monde. Une petite fille … Ton papa était tellement fier parce qu’il l’avait « parié » … Comme tu étais belle … La sage femme t’a posée contre moi, je me souviendrais toujours de ces premières secondes de ton corps sur le mien. Il a fallu t’aider un petit peu pour que tu pousses ton premier cri et que tu respires.

A cet instant précis, j’ai été submergée par un sentiment d’angoisse. C’était le plus beau jour de ma vie, oui. Mais cette angoisse profonde et inexpliquée prenait de plus en plus de place. Je n’en ai parlé à personne, je l’ai supporté tout en essayant de profiter de toi mon A.

Mes premières crises d’angoisses

Puis les jours passaient et je ne supportais plus tes pleurs. J’avais tellement honte de me dire ça, je commençais des crises d’angoisses à chaque nuit qui tombait alors que tu dormais paisiblement dans les bras de ton papa, toujours aussi fier. Puis vint le moment où je reculais ce moment de rentrer chez nous tous les 3. Je voulais rester à la maternité parce que je redoutais ce moment où j’allais être seule avec toi à la maison. Mais au fond ce que je redoutais le plus, c’était d’être confrontée au monde extérieur. J’avais peur de ne pas être à la hauteur. Mais en réalité ce que je ne supportais pas, c’était de ne plus t’avoir que pour moi, enfin je crois. Encore aujourd’hui, 12mois après ta naissance, c’est encore brouillon dans ma tête. Je redoute de croiser des femmes enceintes, je ne cesse d’être nostalgique de ma grossesse. Les premiers jours à la maison ont été très difficiles émotionnellement, la sage femme qui m’a rendu visite a très vite compris ce qu’il se passait et a su poser les mots: dépression post-partum. Moi qui pensait à un « simple babyblues » …

Je m’éloignais de toi, je pleurais constamment seule dans ma chambre et papa ne comprenait pas, je pense qu’il se sentait tellement impuissant face à ces émotions que je n’arrivais pas à gérer.

La culpabilité me submerge

Et puis venait la culpabilité de m’éloigner de toi, mais c’était plus fort que moi. Je voulais revivre cette grossesse, je voulais te reprendre que pour moi. J’avais cette sensation qu’on m’avait obligé à accoucher alors que toi et moi nous voulions encore rester toutes les deux. Et aujourd’hui, vient encore la culpabilité de me dire que je n’ai pas assez profité de tes premiers jours, j’essaye du coup de me rattraper mais le temps n’effacera pas les erreurs.

Aujourd’hui, je sais que je souffre encore de cette dépression post-partum, à plus petite échelle, mais je sais qu’elle est encore là, pas très loin dans ma tête. Papa ne le comprend toujours pas, et je n’en parle plus autour de moi, parce qu’une culpabilité immense me ronge de me dire qu’il y a des femmes qui n’arrivent pas à avoir d’enfant, moi je t’ai et pourtant j’arrive encore à être triste. Alors tu finis par te dire que tu n’es vraiment pas normale et tu crains le regard des gens.

Dans quelques jours tu vas avoir 12 mois, oui c’est moins brutal pour moi de parler en mois. Je suis si fière de toi mon trésor, tu me combles de bonheur, mais encore une fois j’ai peur. Peur de moi le jour de tes 12mois, peur d’être tellement nostalgique de ta naissance.

Je t’aime plus que tout

Quand je repense à ces 12mois écoulés, je me dis que je n’ai pas assez profité de chaque instant (mais il ne faut pas vivre de regret je sais!), je n’ai pas été assez informée sur la dépression post-partum, je me suis trouvée injuste envers toi, toute petite, qui n’avait rien demandé à personne. Je me trouvais monstrueuse à te « délaisser » ainsi, mais c’était plus fort que moi mon trésor, des sentiments et des angoisses inexpliquées et inexplicables.

Tu sais, n’oublie jamais une chose mon A., c’est que Je t’aime plus que tout. Je ne suis pas une maman parfaite et je ne le deviendrai pas, mais je ferai tout mon possible pour te donner la vie la plus heureuse possible. Je serai toujours l’épaule sur laquelle tu pourras te reposer, les bras dans lesquels tu pourras venir pleurer et je serai toujours fière de toi. Tu es mon plus bel Amour et ma plus grande fierté. »

Maylis

Credit photo : ©Nathalie Coster pour MAMAN VOGUE

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