J’ai décidé d’arrêter de changer mon mari

J’ai décidé d’arrêter de changer mon mari

Le jour où j’ai décidé d’arrêter de changer mon mari

Mon mari peut être agaçant…

Mon mari me demande toujours de lui rappeler le nom de la maîtresse de notre aînée, les horaires d’école, le lieu où sont rangées les quittances de loyer, la marque de la lessive, le code de la tablette, les dates de naissance des membres de sa famille, et la date de son prochain rendez-vous chez le kiné.

C’est désespérant, mais je m’y fais. Cela fait partie des questions habituelles qui, accumulées à celles des enfants, réduisent mes moments de silence au quasi néant.

A cela s’ajoutent des petits traits de caractère, gourmandise, cupidité, impatience… auxquels l’on ne s’habitue pas et que l’on aimerait changer à tout prix!

Hier midi, en rentrant des courses, j’ai précisé à mon mari et mes enfants, très friands de petits grignotages en tout genre, qu’il ne fallait pas toucher aux tomates cerise présentes sur le plan de travail, en effet, je prévoyais de les garder pour la salade composée du dîner. Le soir, au moment de préparer la salade en question, il restait pourtant moins d’un tiers des tomates dans la barquette, et les enfants n’étaient pas les coupables… (Le principal concerné aura prétendu avoir « oublié »).

Aujourd’hui, sur la route des vacances, mon mari a pesté. Pesté contre ces chauffards qui vous doublent n’importe comment, pesté contre ces gens qui roulent trop lentement et vous empêchent, vous, d’avancer, pesté contre les trop nombreux radars présents sur notre chemin, pesté contre ceux qui roulent sur la voie de gauche quand celle de droite est libre, pesté contre ces éoliennes qui gâchent le paysage en plus de ne pas être efficaces, pesté contre le GPS qui ne se (re)paramètre pas assez vite après un contournement, pesté contre ce mini encombrement qui l’empêchait de rouler à la vitesse maximale autorisée.

papa

Face à cela, que faire?

Il y a quelques temps, j’aurais pesté, à mon tour. Ce n’est pas possible de ne penser qu’à soi, ce n’est pas sympa de pourrir l’ambiance dans la voiture alors que l’on pourrait discuter paisiblement, etc.
Mais aujourd’hui, j’ai décidé de cesser de le changer. J’aimerais qu’il soit plus calme, certes, car toutes les petites contrariétés de la vie ne méritent pas qu’on leur accorde autant d’attention. Mais je laisse le temps faire son œuvre…

Je discute avec les enfants, mène avec eux tout un tas d’autres observations (les vaches, les tracteurs, les convois exceptionnels, la nouvelle chanson à la radio sont autant de sujets de distraction), et le laisse ruminer.
Quant à la salade composée sans tomates, si mon mari la trouve fade, il en tirera lui-même les conclusions qui s’imposent, non?

Des concessions et des exigences

Je laisse désormais mon mari mettre à l’œuvre sa nervosité sur ces choses qui (n’) en valent (pas) la peine. Je ne m’énerve plus, et nous nous épargnons quelques disputes.
Mais il y a un domaine pour lequel je ne cède pas: il est hors de question que mon mari s’en prenne injustement aux enfants ou à moi-même, et le cas échéant, il est impératif qu’il nous présente des excuses.

Personne n’est tenu de supporter des sautes d’humeur à son encontre parce qu’un homme n’est pas en mesure de prendre sur lui. C’est d’ailleurs personnellement à cela que je définis un homme: la capacité à prendre sur soi en toute situation dans le but de protéger sa famille, de la guider, ou de bâtir quelque chose pour elle…

cafe

L’importance de la communication

C’est en discutant avec son mari que l’on peut bâtir une relation complice où les attentes et les regrets peuvent être abordés sans tabou. Et dire « après coup », avec quelques jours de recul, à son mari que l’on apprécie peu qu’il s’agace en voiture n’est plus une exhortation à changer (« Arrête de t’énerver en voiture, enfin! »), mais bien une invitation à adopter le point de vue de l’autre, le notre, et à s’interroger sur son propre comportement.

Désormais, changer ou ne pas changer, la décision n’appartient plus qu’à celui qui est à l’origine du trouble… Et pour cela, la patience et l’amour restent les meilleures alliées des femmes!

Maëlle Margail
© pinterest

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