J’ai accompagné ma soeur pendant son accouchement

J’ai accompagné ma soeur pendant son accouchement

Une fabuleuse journée.

Je m’appelle Florence. J’ai 29 ans. Je suis m​ère au foyer après avoir fermé ma petite entreprise de confection de cortèges pour mieux m’occuper de mes deux enfants âgés de 4 et 3 ans.
Un jour, ma sœur, de 6 ans mon aînée, m’appelle pour me dire qu’elle va venir accoucher en Mayenne car son mari, militaire, sera en mission à son terme et qu’elle a besoin d’être entourée de sa/notre famille qui est dans le coin​. Puis elle me demande si je peux l’accompagner à son accouchement, ce à quoi je réponds immédiatement « il en est est hors de question ».

​Ma réponse a laisser un froid entre nous, puis elle m’a dit « alors maman m’accompagnera ».
Tous les jours je me remémorais la réponse faite à Marie. Je me suis sentie égoïste, méchante et lâche. Comment n’ai-je pas dit oui tout de suite ?
En février, nous nous sommes revues et je lui ai dis que j’avais changé d’avis. Je l’accompagnerai à son accouchement. Je suis contente de le faire, même si au fond de moi, je me dis que je vais me sentir inutile.

Le 31 mai à 1h30 du matin, je reçois un message de Marie me disant qu’elle ne se sent pas très bien et qu’elle a vomi son dîner. Peut être une indigestion ?
Ce message je ne le vois qu’à 6h du matin après avoir eu maman au téléphone qui me demande de venir à l’hôpital pour soutenir ma sœur qui ne va pas bien du tout. Toujours des vomissements, le travail n’a pas commencé mais le cœur du bébé bât à vive allure. Je saute de mon lit, et pendant la demi heure de route qui me sépare de l’hôpital je prie pour que tout se passe correctement.J’arrive à l’hôpital avec beaucoup d’appréhension mais j’essaie de réconforter Marie en lui tenant la main, en lui disant que la maternité dans laquelle elle se trouve est top.
8h – rien a changé, elle ne se sens toujours pas bien et les battements du cœur du bébé restent trop élevés.
8h10 – changement de personnel, une nouvelle sage femme arrive dans la chambre, jété un coup d’oeil au monitoring et dit d’une voix peu rassurante : « ça ne me plaît pas du tout cela ! ».
Puis elle nous explique que le bébé s’épuise et qu’elle va appeler le médecin.
De la chambre, nous entendons des bribes de la conversation,  j’essaie de rassurer ma soeur du mieux que je peux en attendant la gynécologue. A peine arrivée à l’hôpital, cette dernière passe directement voir Marie. A ce moment là, tout se bouscule.
Cette femme nous explique qu’il ne faut plus attendre, que tout le personnel arrive pour faire une césarienne en urgence afin qu’il n’y ait pas de complications pour le bébé comme pour la​ mère.bebe mamanAvant de quitter la chambre pour aller au bloc, Marie me demande de prendre bien soin de son bébé à la naissance et me demande même si je peux faire du peau à peau avec lui, ce à quoi je réponds oui, sans me poser de question !
Malheureusement pour moi, je ne peux pas aller au bloc et je laisse partir Marie entourée d’une équipe de choc, mais sans sa soeur … ça n’était pas vraiment ce qui était prévu.
Mais 3 minutes après son départ, une gentille aide soignante vient me voir et m’explique que finalement l’anesthésiste a réussi à faire une anesthésie locale et donc, pour notre plus grande joie à toutes les deux, j’ai le droit de venir ! Ont-ils été touchés par le fait que son mari soit en mission … on ne sait pas, mais on est trop contentes de cette belle nouvelle pendant cet accouchement compliqué !
10 minutes plus tard, le petit bébé était né. Ce petit bonhomme nous a fait des frayeurs mais tout s’est bien terminé ! Marie à pu le prendre un peu dans ses bras et est ensuite partie en salle de réveil. Encore un moment dur à passer loin de son bébé.
J’ai pu assister aux soins, puis je suis allée dans une chambre seule avec lui, pendant plus d’heure. Un petit bébé naissant contre moi. Il était si petit.​ Ce moment était magique ! (Au moment où j’écris ces mots, j’en ai encore les larmes aux yeux d’émotions).​Cela m’a rappelé mon accouchement, mes deux accouchements et la rencontre avec chacun d’eux. Ce petit dernier, ce n’était pas le mien, mais je l’ai tenu, serré dans mes bras, parlé, rassuré comme si c’était mon troisième bébé  !
Merci Ma chère Marie de m’avoir demandé de t’accompagner pour cette fabuleuse journée. Ce moment nous a rapproché toutes les deux et je suis sûre et fière de savoir que j’aurais une relation particulière avec votre petit bonhomme ! ​ 

 © photos Clarisse de Lauriston