INFERTILITE : les traitements possibles

INFERTILITE : les traitements possibles

La prise en charge d’une infertilité doit être adaptée à la cause de cette infertilité.
Un traitement ne sera donc envisagé que lorsque les résultats d’une exploration sérieuse chez les deux conjoints, auront été obtenus. Cet article vous présentera les grandes lignes des traitements médicaux proposés dans les causes les plus fréquentes d’infertilité. Il est évidemment à lire en complément de l’article sur la Naprotechnologie qui présente une belle alternative au technique de Procréation Médicalement Assistée.

Les traitements de l’infertilité féminine

Les infertilités hormonales

Commençons par les infertilités d’origine hormonale. Elle s’accompagne souvent de troubles du cycle.

Ces infertilités sont dues à des anomalies de production des hormones au niveau ovarien ou à un niveau de contrôle supérieur, au niveau du cerveau. Pour être plus claire, il existe deux petites glandes dans le cerveau : l’hypothalamus et l’hypophyse. Ces glandes commandent l’ovaire en lui envoyant deux messages :

  • La FSH favorise le développement du follicule ovarien (dans lequel se situe l’ovocyte qui sera expulsé au moment de l’ovulation)
  • La LH déclenche la rupture du follicule et donc la libération de l’ovocyte au moment de l’ovulation

En cas d’anovulation (pas d’ovulation) ou de dysovulations (quelques ovulations par an seulement) on peut corriger cela en induisant une ovulation correcte par des médicaments agissant au niveau de l’hypothalamus et de l’hypophyse. Il s’agit de ce que l’on appelle la « stimulation ovarienne ». Le médicament généralement utilisé est le citrate de clomifène ou Clomid.

On teste ce traitement pour six cycles. Si au bout de six cycles, la grossesse n’est pas obtenue, il faut revoir le traitement et s’intéresser aux hormones ovariennes, les gonadotrophines. C’est donc maintenant par des œstrogènes et de la progestérone que l’infertilité est traitée.

Tout au long du traitement, des dosages hormonaux et des échographies seront réalisées pour éviter une hyperstimulation. Il faut tout de même savoir que le risque de grossesse multiple avec ces traitements est plus élevé.

Il existe dans certains cas beaucoup plus rares, des infertilités d’origine ovarienne très sévères où l’ovaire ne contient pas ou plus de follicule. Cela peut être constaté rapidement par une échographie pelvienne. Dans ces cas, la stimulation ovarienne ne sert pas.

Les infertilités mécaniques

Les infertilités mécaniques correspondent à des obstructions des trompes de Fallope ou des adhésions au niveau de la cavité utérine. La cause la plus fréquente de ces infertilités est l’infection. Son meilleur traitement est donc la prévention et le traitement précoce des infections et de toutes les maladies sexuellement transmissibles.

  • Il est donc important de contacter votre médecin traitant, gynécologue ou sage-femme lorsque vous avez des pertes anormales (changement d’odeur, de couleur ou de consistance de vos pertes) ou des douleurs pelviennes soudaines afin de dépister et traiter si besoin une infection.

Une fois que l’obstruction est présente, l’hystérographie ou la cœlioscopie permettent de décider si une chirurgie peut être envisagée pour rétablir la perméabilité des trompes et de l’utérus et donc la fertilité de la femme.

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Les traitements de l’infertilité masculine

De la même façon que les infertilités féminines, il faut connaitre la cause de l’infertilité masculine pour pouvoir la traiter. Il faut distinguer :

  • Les absences totales de spermatozoïdes dans le sperme : azoospermie
  • Les insuffisances spermatiques : on parle d’oligospermie si le nombre de spermatozoïdes est insuffisant, d’asthénospermie si les spermatozoïdes sont peu mobiles, de tératospermie s’ils sont anormaux.

Il n’existe à ce jour, aucun traitement médical permettant d’améliorer la qualité des spermatozoïdes. Cependant, l’efficacité de l’arrêt de l’exposition à des toxiques (tabac+++) a été démontrée pour améliorer certaines infertilités.

Comme pour les infertilités féminines, certaines infertilités masculines peuvent être dues à des obstructions au niveau des canaux spermatiques. Dans ces cas, une intervention chirurgicale peut permettre de rétablir la perméabilité des canaux et donc la fertilité masculine.
L ’examen permet parfois de diagnostiquer une varicocèle, c’est-à-dire une dilatation variqueuse des veines entourant le testicule. Cela peut être corrigé par une intervention chirurgicale.

Les infertilités sans cause

Il y a malheureusement certaines infertilités que l’on n’explique pas… Les traitements sont alors discutés par le corps médical. Certains médecins prônent l’usage de la stimulation ovarienne dans ces cas. « Qui ne tente rien, n’a rien ! ». Dans certains cas, cela a prouvé son efficacité.

Ces infertilités sans cause sont très difficiles à accepter par le couple qui ne comprend pas… C’est alors primordial de vous faire soutenir et accompagner par des professionnels ou votre entourage.

Dans cette catégorie des infertilités sans cause, on peut ajouter les infertilités dites « psychologiques ». Il s’agit de la phrase odieuse que vous pouvez parfois entendre : « C’est dans votre tête madame » … On ne sait pas pourquoi mais ce n’est jamais dans la tête de Monsieur… Nous sommes d’accord que l’ovulation peut être parfois perturbée par des moments de stress, de fatigue, de tristesse… Cependant, il n’a jamais été démontré que des problèmes psychologiques pouvaient être responsables d’une infertilité complète. Alors, ne vous sentez surtout pas coupable si bébé met un peu de temps à arriver. Et surtout, vous pouvez déculpabiliser si vous y pensez toute la journée alors que l’on vous dit : « Arrêtez d’y penser, cela viendra tout seul ». Quand votre désir d’enfant est très fort, c’est NORMAL d’y penser tout le temps.

Pour vous donner un petit coup de pouce dans ces cas, nous vous donnons quelques conseils dans l’article « booster » votre fertilité.

Laure Laroche

Master de maïeutique à l'Université de St Quentin en Yvelines.
Sage-femme en maternité. Cours de préparation à la naissance et à la parentalité.
Formation master d'éthique biomédicale à l'institut politique Léon Harmel.