Et si on parlait moins de nos enfants ?

Et si on parlait moins de nos enfants ?

La rentrée, les cartables, les feuilles mortes, le cœur serré et la libération…sans oublier les bonnes résolutions. Si vous manquez d’inspiration (si si, cela arrive) voici une suggestion de défi bien moins facile qu’il n’en a l’air : et si on essayait de moins parler de nos enfants ? Imaginez ce que cela pourrait donner…

Parler de soi

Tenez, en retrouvant des copines par exemple : on remplacerait « alors, comment s’est passée la rentrée de ton petit Clotaire ? » par « alors, as-tu pu souffler et te retrouver un peu depuis mardi dernier ? ». La jeune maman vous faisant face, alors libérée du devoir (non déplaisant, par ailleurs) de disserter sur les états d’âme de sa progéniture, pourrait alors peut-être vous confier les siens.

Se retrouver en couple

En retrouvant son amoureux le soir, on remplacerait « tu sais, la maîtresse de Frénégonde semble un peu extrême dans son approche positivo-montessorienne » par « tu sais, j’ai réalisé que pouvoir travailler une demi-journée dans le calme me faisait plus d’effet qu’un enveloppement californien aux huiles chaudes. » L’homme vous faisant face, heureux de retrouver la femme qu’il aime et non la mère (qu’il aime aussi d’ailleurs) de ses enfants, pourra alors vous confier à son tour le vécu de sa journée, au lieu d’enchaîner sur des considérations diverses liées à la rentrée de vos marmots.

Se faire de la place

Enfin, en lieu et place de la séance quotidienne d’auto-quizz sous la douche (ne mentez pas, on la fait toutes), on remplacerait l’interminable litanie sur « l’inscription à l’aqua-poney de Chilpéric qu’il faut confirmer, le club de danse tadjike d’Ermentrude qu’il faut rappeler et ce foutu cahier 18×37 petit carreaux grand format moyennes spirales qu’il faut dénicher » par une séance d’auto-appréciation salutaire : « tiens, j’ai bien géré de réussir à boucler ce projet malgré le tumulte. Je suis trop contente de cette discussion avec Javotte, ça me fait toujours un bien fou de la voir. Et ce bronzage qui tient encore le coup, c’est bête mais je me sens plutôt glamour pour un mois de septembre… »

Maman, mais pas que

Bref, se faire un peu de place dans notre quotidien. Parce qu’évidemment, on les aime. Parce qu’évidemment, on pourrait en parler des heures. Parce qu’évidemment ils sont le centre de notre monde et le cœur de nos préoccupations. Mais parce qu’il est vital de vivre pour nous-même, parce que le danger qui nous guette est de nous oublier dans la tornade de nos responsabilités, parce que c’est le meilleur service à nous rendre ainsi qu’à nos amies et à celui qu’on aime : essayons de laisser parfois nos enfants à leurs affaires, et de nous donner la première place. Chiche ?!

 

@victoire.eyraud

Victoire Eyraud

Diplômée en affaires publiques après avoir touché au journalisme et à la diplomatie, Victoire est aujourd'hui mariée à un type génial et maman d'un petit garçon. Lectrice boulimique, passionnée de philosophie et écrivain dans ses rêves les plus fous, elle partage avec vous ses questionnements sur l’équilibre de vie des femmes, les défis de la parentalité moderne et la place laissée à la féminité dans notre société.