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Et si les enfants appréhendaient mieux la Mort que nous ?

Et si les enfants appréhendaient mieux la Mort que nous ?

« Avril 2015

Enfin, nous savons. Et peut-être finalement aurions nous préféré ne pas savoir, ne pas être confronté à ce qui nous fut annoncé en ce joli jour de printemps ensoleillé. Apprendre que nous devrons faire front, être un soutien indéfectible et joyeux autant que possible dans une bataille qui ne sera pas gagnée ; celle de la maladie qui va envahir petit à petit notre père.

Quand la maladie, grave, s’invite à la table familiale, quand l’issu semble inéluctable compte tenu des connaissances modernes de la médecine, l’Homme commence par rejeter cette réalité trop douloureuse : nous allons perdre celui que nous aimons. Nous ne voulons pas poser, ne serait-ce que le mot. Petit à petit il « s’en ira ». Mais n’en parlons pas. Pas aujourd’hui. Le soleil brille, Il marche. Il respire. Il sourit. Il lit une histoire à son petit-fils blotti dans ses bras encore forts. Comment aborder avec son Petit Bonhomme d’à peine six ans l’épreuve que va vivre son grand-père ? Ne pas l’inquiéter, ne pas le rendre triste. Il n’a pas l’âge de comprendre la mort. Nous verrons « plus tard ».

Juin 2015

Disparition de notre grand-père, brutale mais apaisée. De douces larmes coulent de nos yeux, nous expliquons à Petit Bonhomme que « Petit-papy » est monté au ciel rejoindre « Petite- mamie ». Sujet clos.

Janvier 2016

Les mois passent et la vie suit son cours. Maman se prépare à partir en avion pour le week-end retrouver papa parti à l’étranger pour le travail. Elle laisse son Petit Bonhomme entre de bonnes mains, il se réjouit de ce projet. Vient l’heure des au revoir et des dernières recommandations. Mais Petit bonhomme s’effondre, supplie sa maman de ne pas partir, de ne pas aller dans le ciel rejoindre papa… Nous prenons alors conscience de notre erreur. Il va falloir doucement préparer Petit Bonhomme aux prochaines échéances et éviter les métaphores troublantes, et pourtant O combien convenues… Désormais les mots « mort », « cimetière » et « cercueil » seront prononcés que cela concerne le poisson rouge ou la grande-tante. Ce faisant, nous sommes confronté à ce que nous préférions taire jusque-la, craignant la tourmente de Petit bonhomme, et derrière laquelle se cachait la notre.

Le temps révèle maintenant l’évidence, elle nous saute aux yeux.Grand-Père se meut de moins en moins bien. Il a besoin d’aide pour toute chose. Petit bonhomme, qui grandit tandis que son grand- père semble rapetisser, ne peut plus se jeter dans ses bras, l’emmener visiter le jardin et regarder les fourmis. « Plus tard » devient alors le présent. Nos sourires sont un peu forcés, nos conversations légères, nous n’abordons que brièvement nos soucis et préférons partager nos joies. Viens alors la question que nous savions être posée un jour « Qu’est-ce qu’il a, Grand-Père ? » .

Les enfants jettent sur le monde un regard très juste, cartésien. La question est clairement formulée, la réponse sera concise. Nous n’édulcorons pas la fatalité qui, de toute façon, finirait par nous faire mentir. Mais il sourit, satisfait. Grand-père va mourir mais n’est pas encore mort. On peut donc toujours jouer avec lui ! Et c’est ce qu’il fait, la maladie, lui, il ne la voit pas. Le matériel médical devient de nouveaux jouets, qui aident peut-être Grand-Père a l’utiliser avec moins de consternation. Le fauteuil est une voiture de course « je peux te conduire, Grand-Père ?! », le lit un tapis volant, le masque à oxygène est bleu, celui de Dark Vador est noir. La relation de tendresse entre ces deux générations perdure, dans la joie, Nous recueillons parfois des interrogations sur la mort, elles arrivent sans prévenir, repartent si tôt levées. Nous exprimons doucement nos sentiments, nous expliquons ceux de nos proches. Petit Bonhomme écoute.

Août 2017, 8h30.

Le téléphone sonne, et nous comprenons que le jour redouté est arrivé. Nous invitons Petit Bonhomme à être là, dans l’église au premier rang. Il veut lire un texte, il aura le ton juste. Au cimetière, Petit Bonhomme a froid, il pleure. Ses larmes libèrent les nôtres.

Dès le lendemain, Petit Bonhomme ramassera les plus beaux coquillages de la plage voisine et voudra les déposer sur la tombe toute fraîche de Grand-Père, en forme de cœur. Parce que « même si on ne le voit plus, on s’aime toujours. ». Et Petit Bonhomme a alors tout compris… »

 

Christel

© photo annaclick.com

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