Et si 4, c’était le nombre idéal ?

Et si 4, c’était le nombre idéal ?

1, 2, 3 enfants c’est déjà une belle famille. Qu’en est-il du passage à 4 ?

Existe-t-il un nombre d’enfants idéal ? Est-ce que 4 enfants serait la garantie d’un équilibre parfait pour la fratrie ?

Le nombre d’enfants idéal varie selon les désirs et contraintes de chaque famille. L’histoire de chacun entre en jeu selon son vécu pendant l’enfance, son expérience de parents dès l’arrivée du premier enfant et les surprises que la vie nous réserve.

Nous avons poussé quelques réflexions sur la fratrie de 4 enfants – ou de la famille nombreuse – accompagnées des témoignages de quatre mamans qui ont accepté de partager leur expérience sur le sujet.

Au-delà de 3 enfants, on parlerait davantage de famille nombreuse

Avoir 4 enfants aujourd’hui est un beau défi pour les parents. Cela laisse moins de place à l’imprévu et demande davantage d’organisation (anticipation des repas, des sorties, des activités). On ne néglige pas non plus la charge mentale, émotionnelle et physique, qui devient aussi plus importante.

On entend souvent dire que le passage à 4 enfants nécessite une reconfiguration de la vie familiale : un changement de voiture ou de logement, une organisation familiale différente parfois. Certaines mamans vont décider d’arrêter de travailler ou prendre un congé parental pour se concentrer sur leur rôle parental pendant un temps par exemple.

Quelles valeurs sont associées à la famille nombreuse ?

La famille nombreuse est souvent associée à des valeurs de partage, de solidarité et d’autonomie. A partir de 4 enfants, chacun est amené à partager la disponibilité de ses parents, ses jouets, à être responsables plus rapidement, notamment auprès de ses frères et sœurs. La spontanéité, la vitalité et la joie cohabitent avec le bruit et le désordre, qui caractérisent la famille nombreuse.

4 enfants, l’équation parfaite ?

Existe-t-il réellement un nombre parfait ? Certains parents vont trouver leur épanouissement dans le fait de fonder une grande famille et peuvent même aller au-delà de 4.

La fratrie de 4 offre la possibilité de former plus facilement des duos entre les enfants et d’éviter des éventuelles exclusions si l’on compare avec une fratrie de nombre impair.

Le nombre d’enfants varie surtout selon le temps personnel que l’on peut et veut y consacrer, de l’épanouissement qu’il procure et de la facilité ou non à les éduquer selon leurs tempéraments, de l’énergie qu’ils prennent, des difficultés rencontrées au cours de la vie…

Finalement, le plus grand défi ne serait-il pas davantage porté sur l’épanouissement de chacun ?

Le nombre d’enfants, qu’il soit pair ou impair, n’amène pas forcément à l’équilibre parfait.

Le plus important résiderait davantage dans la place que chaque enfant trouve au sein de la fratrie. L’arrivée de chaque enfant demande des ajustements et apporte un nouvel équilibre à chaque fois. Chacun en ressort grandi comme sa place dans la fratrie évolue.

Il peut exister de la compétition ou de la jalousie entre frères et sœurs, ce n’est pas le nombre d’enfants qui va jouer mais plutôt les tempéraments.

Si l’on veut trouver le meilleur équilibre familial, le plus important serait davantage de permettre à chaque enfant de pouvoir s’exprimer et de se développer selon ses envies. Notre contribution en tant que parents y est fondamentale.

Témoignages de 3 mamans de fratrie de 4 enfants et d’1 maman de 3 enfants :

Laure, maman de 3 filles et 1 garçon, âgés de 4 à 9 ans

« A l’arrivée de nos jumelles, nos deux aînés se sont rapprochés et jouaient beaucoup à deux. Aujourd’hui, des équipes de 2 se forment, souvent associées d’un grand et d’un petit. Il est très rare qu’un enfant se retrouve seul. Même si nous avons une paire de jumelles, la fratrie se mélange bien. Nous remarquons que les enfants s’autostimulent tant dans les activités sportives que créatives. Les grands apprennent aux petits. Le stade de 4 est je pense le même que pour les fratries de 5 ou plus en termes de gestion quotidienne des repas, des jeux… Nos 4 enfants nous apprennent à être davantage dans le vivre ensemble et à dématérialiser la vie qu’on aurait pu avoir avec moins d’enfants. »

Isabelle, maman d’1 fille et 3 garçons, âgés de 5 à 11 ans

« Notre fratrie de 4 enfants s’entend bien. Nous avons remarqué une belle rotation entre chacun des enfants. Il n’y a jamais un enfant de côté. Si l’un de nos enfants se retrouve seul, c’est davantage par besoin de tranquillité que de rejet et dans ce cas les 3 autres jouent ensemble. A quatre, ils jouent facilement ensemble que ce soit pour des jeux extérieurs, les Playmobil ou préparer un spectacle. Les grands participent au développement des plus jeunes naturellement : ils aiment partager la lecture ou leur apprendre des sons en musique par exemple. Nous sommes moins sollicités comme ils jouent tout le temps ensemble en duo, trio ou quattro. Il est vrai que 4 enfants demandent des ajustements matériels comme la voiture ou la maison. Je me suis arrêtée quelques années pour mieux gérer la vie de famille pendant la petite enfance. Peu importe les ajustements, quel bonheur d’avoir une grande famille ! »

Laëtitia, maman de 3 filles et 1 garçon, âgés de 3 à 9 ans

« Mon mari est issu d’une fratrie de 4 enfants et moi-même de 3 enfants. L’envie de fonder une famille nombreuse était ancrée en nous. L’arrivée de nos jumelles en premier a renforcé notre volonté d’avoir 4 enfants pour trouver un équilibre au sein de la fratrie. Au quotidien, il nous paraît plus aisé d’associer des duos en mélangeant petits et grands, chaque âge apporte sa complémentarité : on peut plus facilement demander à un duo de nous aider à débarrasser la table par exemple. Il est aussi plus facile de jouer en duo, c’est assez rare qu’un de nos enfants soit mis de côté. Depuis l’arrivée de notre 4ème nous avons le sentiment d’être au complet, même si nous avons trouvé que le passage de 3 à 4 a marqué un cap supérieur dans notre gestion quotidienne de la famille. »

Louise, maman de 3 garçons, âgés de 3 à 6 ans

« Nous avons deux jumeaux et un numéro 3. Notre petit 3ème interagit complètement avec ses frères malgré les 3 ans d’écart qui le séparent. Il trouve sa place sans problème, les grands jouent davantage un rôle protecteur dans la relation. Le rythme à 3 n’est pas toujours optimal : les jumeaux vont jouer ensemble à des jeux de leur âge (jeux de sociétés, lego…). Ils jouent davantage à 3 pour des jeux portant sur l’imaginaire où ils feront davantage les fous. Notre petit dernier vit sa vie quand les grands jouent. La notion de duo entre un grand et un petit apparaît davantage lorsque numéro 3 souhaite dormir avec l’un des grands dans la même chambre. »

Alexandra Caroni

Photo ©Orlane Boisard pour MAMAN VOGUE