Et après le confinement ?

Et après le confinement ?

ET APRES … 

Et après, comment allons-nous vivre ? Allons-nous reprendre notre vie d’avant ? Ou allons-nous garder nos bonnes résolutions ? Allons-nous reprendre nos « mauvaises » habitudes ? Allons-nous retrouver notre vie à 100km/h ? Allons-nous nous retrouver dans notre routine ? On nous parle d’un déconfinement le 11 mai ; mais pour qui ? Et comment ? Est-ce que les enfants vont reprendre le chemin de l’école ? Sous quelles conditions ? Et si non, comment va-t-on faire pour reprendre notre travail ? 

Beaucoup de questions se bousculent dans ma tête depuis quelques jours. 

Le temps est suspendu. 

Je vous avoue que la première semaine, tout n’a pas été tout rose. J’avais comme une impression d’être la petite bonne qui faisait tout dans la maison et que les autres (mon mari et mes trois enfants) me regardaient l’air de dire « elle s’excite, elle s’excite, mais pourquoi ? » 

Et finalement, j’ai pété les plombs, j’ai dit ce que j’avais au plus profond de moi-même, ce dont j’avais besoin pour que ce temps en famille, sans pouvoir sortir de chez nous, se passe bien. Je sais maintenant demander sereinement quand j’ai besoin d’aide, et le sens du service a pris une grande place chez chacun de nous, et nous en sommes tous très fiers. 

Nous avons finalement trouvé notre rythme : slowlife !!! 

Le retour à la réalité va être TRES dur !!! Les enfants se lèvent tard, ils prennent leur temps pour s’habiller, pour prendre leur petit déj, et après la belle vie peut commencer. Nous avons la grande chance d’habiter à la campagne avec beaucoup d’espace ; nous n’avons donc pas le droit de nous plaindre. Je pense souvent aux personnes qui habitent en ville, dans des appartements et je les trouve très courageux. 

Cette période hors du temps nous fait grandir en famille et renforce nos liens mari/femme, parents/enfants, frères/sœur. C’est cette grande richesse que je ne veux pas perdre après ce confinement. Nous prenons le temps avec les enfants de jouer ensemble, de rire, de danser, de bricoler, de cuisiner, chose que nous ne faisions pas forcement en temps normal, pris par le tourbillon du quotidien. Autre chose que je ne veux pas perdre, ce sont nos petits rituels mis en place comme par exemple la photo du dimanche, le jeu de société après le déjeuner et le diner, l’histoire du soir (que j’avais abandonnée), le déjeuner du dimanche dans la salle à manger, la louange le matin, appeler les personnes qu’on aime… 

Je sens que les enfants sont heureux et ils nous le montrent tous les soirs en remerciant pour une belle chose vécue dans la journée ! Ils nous épatent beaucoup avec les pépites qu’ils peuvent nous dire. 

Plus personnellement, je dis que je vais vivre autrement, et mon mari se moque bien souvent de moi. Mais j’ai déjà commencé. 

Tout d’abord, je n’ai rien acheté impulsivement depuis ce fameux 17 mars. Cela peut paraitre facile mais pour moi c’est énorme et j’en suis fière. C’était, je pense, un peu maladif, même si tout est relatif, et ce confinement m’a fait prendre conscience que ces achats étaient souvent inutiles ou qu’il fallait que je sois patiente pour acquérir cette chose que je voulais tant ! J’espère réellement que je garderais cette habitude dans les semaines, les mois, les années à venir.

J’ai aussi pris conscience des nombreux déchets que nous pouvions jeter à la poubelle sans même faire le tri. J’ai aussi fait un effort sur ce point : mes épluchures de légumes sont jetées dehors (en attendant d’avoir des poules – on a déjà le poulailler, on attend nos nouvelles copines), et je fais attention à bien mettre tout ce qui est recyclable dans la fameuse poubelle jaune ou dans un cageot pour mettre plus tard dans les poubelles collectives. Il faut maintenant que je donne un petit cours à ce petit monde à la maison pour qu’il me suive dans ma démarche ! 

Concernant la nourriture, nous avions déjà commencé à acheter beaucoup chez les producteurs (légumes, fruits, viande…). Nous ne changerons pas ces bonnes habitudes. La qualité et le goût n’ont rien à voir avec les produits du supermarché. Mais je voudrais aller encore plus loin et j’ai déjà commencé ; je fais mon pain, mes desserts, mes goûters … fini les produits industriels ! Et pour que cette démarche ait encore plus de sens, j’aimerais aller directement dans une minoterie pour acheter ma farine, aller acheter mon lait directement chez mon voisin qui a des vaches laitières… 

Un dernier petit changement dans cette nouvelle vie que je n’arrivais pas à mettre en place : le lâcher prise. J’avais cette petite voix intérieure qui me disait « c’est débile de crier pour cela » : quand je pestais contre une chaussette à l’envers dans le panier de linge sale, des cheveux pas coiffés, une chambre en désordre, un tee-shirt plein de chocolat, un short avec des traces d’herbe … et j’en passe. Je ne dis pas que j’ai complètement arrêté de pousser des « gueulantes », mais c’est mieux, et je croise les doigts pour que ça évolue dans le bon sens !

Mais après … Est-ce que cette nouvelle vie mise en place pendant ces deux mois de confinement continuera ? Je l’espère de tout cœur. Je compte faire tout mon possible pour rester sur ces progrès, et j’espère que mon mari et mes enfants seront avec moi pour continuer à écrire ce beau livre que nous avons commencé ensemble.

 

@Florence COURCIER