Education et discipline positive – « quand les mains sont faites pour protéger… »

Education et discipline positive – « quand les mains sont faites pour protéger… »

Pratiquer de façon quotidienne l’éducation bienveillante et positive, n’est pas toujours simple. En effet, la fatigue psychologique et physique causée par les activités professionnelles, la nervosité engendrée par le temps passé dans les transports en commun, le manque de temps pour s’occuper de soi, les tâches ménagères qui prennent une place prépondérante avec l’arrivée d’un enfant et les rythmes de vie parfois différents des conjoints peuvent avoir des conséquences sur la mise en place d’une éducation bienveillante et du respect d’une discipline positive au sein d’un foyer.

Les drames familiaux, les échecs personnels, le manque de communication avec votre mari ou les disputes avec ce dernier, les petites déprimes personnelles ou même la société dans laquelle nous vivons nous font réaliser qu’il est impossible d’être bienveillant et positif avec ses enfants quand on ne l’est pas avec soi-même.

Nous vivons dans une société qui nous pousse sans arrêt à la performance, au surpassement de ses limites physiques, à la compétition et au gain que l’on aimerait toujours plus important (souvent d’ailleurs au détriment de conditions de travail agréables…).Toutefois, être parent nous ramène à nos valeurs premières et indispensables à notre accomplissement personnel et à celui de notre enfant : la patience et l’écoute, l’intuition et l’instinct, la valorisation et l’accompagnement spirituel.

Quelle est alors la place des émotions chez l’enfant ? Quelle importance doit-on leur accorder ? Comment entendre, écouter et comprendre un bébé au-delà de la parole ?

Inévitablement, le bébé est relié, connecté à sa mère de par l’expérience de la grossesse. Ils ont vécus en totale symbiose jusqu’à l’accouchement et ils possèdent donc un lien fort et unique. Le mode de communication du bébé évolue en fonction des mois bien évidemment mais aussi selon la qualité de la relation communicative instaurée et entretenue avec et par ses parents.

La communication n’est pas que verbale. Elle se construit aussi grâce aux 5 sens aussi appelés « organes de la perception ». Ainsi, le bébé va adapter son humeur, son comportement, les expressions de son visage en fonction de ce qu’il va percevoir au travers des vôtres. Changement du son de la voix, expressions du visage exagérées, mouvements lors d’un bain ou d’un change différents par rapport à d’habitude… Ce que nous reflétons à l’extérieur et ressentons intérieurement modulera donc la perception des émotions de notre enfant. Il est donc important de savoir contrôler et réguler ses propres émotions afin de construire un climat mesuré au sein du foyer sans pour autant rendre l’enfant complètement hermétique, insensible et distant aux situations les moins agréables du quotidien et de la vie (déceptions diverses, chocs émotionnels, incertitudes, difficultés, décès…).

L’apprentissage et la maîtrise du langage en famille

L’apprentissage et la maîtrise du langage vont toutefois avoir un impact considérable sur le comportement social de l’enfant et surtout sur sa capacité à gérer ses angoisses ou le stress en les nommant, à canaliser son agressivité et tout simplement à exprimer avec des mots simples ses émotions et ses sentiments.

Plusieurs exercices, activités et méthodes de « communications non violentes », d’ouvrages et d’ateliers dédiés aux émotions de l’enfant existent. Toutefois, c’est à la maison que tout se passe véritablement. La première relation sociale qu’un enfant entretient est celle qui le relie à ses parents. Nous avons donc un rôle primordial dans la construction de l’âme de notre enfant en quelque sorte… Nous sommes des accompagnateurs spirituels, des guides censés lui montrer le chemin vers le développement de son intelligence émotionnelle (= capacité de reconnaître, comprendre et maîtriser ses propres émotions et à composer avec les émotions des autres…).

Alors tout ça c’est super mais en pratique ça donne quoi ?

Notre première priorité fut de créer des rituels familiaux. Mon mari donne le bain, je m’occupe de nourrir Chiara, il raconte les histoires, je préfère les loisirs créatifs et les activités plus ludiques, je lui lave les oreilles et lui coupe les ongles pendant qu’il nettoie les biberons. Ainsi, chacun a son moment privilégié avec elle et chacun réalise les actions ou les tâches où il ressent le plus de plaisir ou de facilité.
Ensuite, nous valorisons et encourageons ses efforts, ses progressions et ses réussites tout en intégrant des émotions positives dans le quotidien. Aussi, nous n’empêchons aucun comportement à notre enfant (sauf s’il est dangereux bien sûr). Nous ne l’empêchons pas non plus d’exprimer sa fatigue, sa colère, sa joie ou son impatience. Nous disons très peu « non » à Chiara et essayons de transformer les interdits en consignes positives puisqu’il est psychologiquement prouvé, même chez les adultes que le cerveau humain transforme les formes négatives en positives.

Par exemple : « Ne tape pas ! » deviendra : « Avec la main on caresse » (en accompagnant la parole du geste).

Bien sûr, nous nous disputons, nous haussons le ton, nous sommes aussi parfois énervés ou avons du mal à communiquer. Comment alors préserver l’enfant des « problèmes des grands » ? Et bien, le travail pour le parent sera le même que pour l’enfant : être positif et bienveillant déjà envers soi-même, gérer ses colères, accepter son imperfection et sa vulnérabilité, analyser ses émotions, ses sentiments, lâcher prise et reconnaître ses besoins.

Pour ce faire, je tiens un carnet de bord dans lequel je note mes idées, mes projets, mes envies, mes objectifs, j’y note aussi les raisons pour lesquelles j’ai ressenti tel ou tel sentiment négatif au cours de ma journée, les solutions trouvées pour y remédier et « mes 3 trucs cools de la journée ».

C’est un travail quotidien aussi bénéfique pour moi que le sport pour d’autres par exemple. C’est un combat de longue haleine, ponctué d’échecs ou de rechutes parfois mais qui selon moi, en vaut la peine.

Comment voyons-nous l’avenir éducatif de notre enfant ? A vrai dire, nous savons déjà que nous souhaitons laisser notre enfant grandir et apprendre à son rythme sans faire à sa place. Nous ne souhaitons surtout pas instaurer de rapport de force ni utiliser des méthodes éducatives dîtes « de violence » pour gagner son respect, son attention et son écoute car nous restons convaincus que les mains sont faites pour protéger.

 

Elodie-Jelena BOBOCEVIC

Jeune maman, blogueuse et rédactrice d’un livre en construction dédié à la maternité composé de récits personnels et de témoignages « sans filtre » et « sans complexe » de jeunes mamans. Le but de sa démarche ? Lever le voile sur des sujets encore trop tabous! www.lamaternitepourunenulle.fr

©photo Clarisse de Lauriston

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