Ecologie – Rencontre avec Adeline, co-auteur de « Comment sauver la planète à domicile, l’art de vivre selon Laudato Si ».

Ecologie – Rencontre avec Adeline, co-auteur de « Comment sauver la planète à domicile, l’art de vivre selon Laudato Si ».

Nous avons rencontré Adeline Voizard, maman de 5 enfants, qui a vécu il y a quelques années, avec son mari, une conversion écologique à la lumière de Laudato Si, l’encyclique du pape François publié en 2015. Cette conversion leur a donné l’élan d’écrire un livre Comment sauver la planète à domicile, l’art de vivre selon Laudato Si sorti en 2017.

Je m’appelle Adeline et j’ai 36 ans. Je suis mariée à Alexis depuis treize ans et nous avons la joie d’être les fatigués, mais heureux, parents de Baptiste 11 ans, Soline 9 ans, Margaux 6 ans, Bérénice 4 ans et Victor 1 an.

Avant d’avoir eu l’idée d’écrire Comment sauver la planète à domicile, il me semble que vous avez vécu, avec Alexis, une conversion écologique, peux-tu me la raconter ?

Jusqu’à Laudato Si, l’encyclique du pape François sur l’écologie intégrale, l’écologie était plutôt pour nous un sujet de défiance. Nous avons grandi dans la société de consommation sans la remettre vraiment en question, avec certes une certaine sobriété dans nos achats, mais sans que ce soit vraiment ajusté.

Par exemple nous faisions nos courses alimentaires dans un hypermarché, le plus vite possible, le moins cher possible, sans se demander d’où venaient les produits ni s’ils étaient bons pour la santé. Nous ne nous soucions pas non plus de ce qu’allaient devenir nos nombreux déchets ! En outre, habitant près du quartier de la Défense à Paris, nous regardions les tours de bureaux encore largement allumées le soir en nous disant que ce n’était pas nous qui allions changer le monde mais que c’était plutôt aux entreprises de commencer à faire des économies d’énergie.

L’encyclique du pape nous a éclairé et réconcilié sur le sens de l’écologie : environnementale certes (le soin porté à la nature et les nombreux soucis liés au réchauffement climatique et à notre mode de consommation, 1/3 de ce qui est produit étant gaspillé) mais aussi humain (le soin porté aux habitants de la Terre, en particulier les plus vulnérables) et spirituel (le rapport au Créateur à qui nous devons tout, pour les chrétiens que nous sommes). Cette lecture a changé notre vision et notre cœur. Puis c’est en regardant le film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent que nous avons posé nos premiers gestes concrets : verre à dent, mouchoirs en tissu, achat en vrac, produits locaux et sains, tri et don de ce que nous avons en trop, etc.

D’où est venu l’idée de ce livre ? Peux-tu me raconter le parcours qui vous a mené à l’écriture et à la publication de ce livre ?

Pour avancer sur le chemin de l’écologie, nous avons acheté plusieurs petits guides pratiques qui nous ont bien aidé à poser des gestes concrets. Mais j’étais déçue de ne pas trouver de livre qui soit à la fois très pratique et qui en même temps porte sur toutes les dimensions de l’écologie. De nombreux livres ne proposaient que des démarches concrètes environnementales sans y associer la dimension humaine, ni donner de sens aux gestes posés au-delà de « protéger la nature ». Ou on trouvait à l’inverse de très beaux livres de témoignages, d’études, de méditations sur le thème de l’écologie intégrale, mais auxquels il manquait à nos yeux cette dimension très pratique qui permet de passer à l’action, petit pas par petit pas.

Du coup, nous avons écrit le livre que nous aurions aimé trouver ! Comment sauver la planète à domicile, l’art de vivre selon Laudato Si ! Pour permettre de manière très concrète, en passant de pièce en pièce, de passer à l’action tout en intégrant toutes les dimensions de l’écologie : le soin porté à la création (la terre, les plantes, les animaux…), l’attention aux créatures (les hommes, de la conception à la fin de vie et en particulier les plus fragiles et les plus pauvres de la planète), le rapport au Créateur.

Nous y abordons ainsi aussi bien la question de la contemplation et de la gratitude, que celle d’une sobriété joyeuse ou encore celle de la rencontre, centrale à nos yeux (ouvrir sa porte à ses voisins, prêter sa maison, s’arrêter chez des amis plutôt que sur une aire d’autoroute, faire connaissance avec celui qui mendie dans notre rue…)

Comment résumerais tu le livre en une phrase ?

Pour chaque pièce de la maison, une réflexion et des idées concrètes pour convertir son coeur et son comportement pour faire de son foyer un lieu où « tout est lié » : nos actes, nos convictions, nos relations.

Justement, pourquoi ce parcours pièce par pièce ? Comment avez-vous eu l’idée de cette configuration ?

Nous avions envie d’un parcours ludique et très concret. Comment chacun, à sa mesure, dans sa maison (ou son studio!) peut cheminer petit pas par petit pas, qu’il soit débutant ou très avancé. Cette configuration permet aussi d’avancer dans l’ordre qui nous attire le plus. Pour certains ce sera la cuisine, pour d’autres la salle de bain ou le bureau, etc.

Alors que tout le monde se concentre vraiment sur l’environnement, on note en parcourant votre livre que vous mettez vraiment en avant l’aspect humain de l’écologie, pourquoi est-ce si important ?

Parce que « tout est lié » (l’expression revient neuf fois dans Laudato Si) ! Mon corps, mon esprit et mon cœur ! Mon rapport à la terre et aux hommes qui y vivent. Tout est lié et chaque action a des conséquences, en particulier sur les hommes. Il ne s’agit pas tant de sauver la planète (qui n’a pas besoin de nous pour être sauvée, elle existait avant les hommes et existera après les hommes) que de contribuer à bâtir des sociétés plus belles, plus humaines et plus aimantes. Ce qui passe par le fait de prendre soin de ce que nous avons reçu afin que d’autres comme nous puissent en bénéficier. Les générations futures, mais aussi celles d’aujourd’hui qui souffrent déjà de notre mode de consommation excessif.

Une écologie purement environnementale prend le risque de l’activisme ou de l’idéologie. La dimension intégrale lui donne du sens et lui fait porter du fruit, sans en diminuer la dimension environnementale.

Dans votre vie de famille, est ce que vous avez mis en place tout ce dont vous parlez ?

Non seulement nous ne faisons pas tout ce qui est suggéré mais il nous arrive aussi de faire des pas en arrière, comme nous l’expliquons dans le livre ! Il est très important pour nous de rester à l’écoute de nos besoins, de ceux de nos enfants ou de notre entourage, mais encore de ne pas juger les autres et au contraire de nous adapter à eux pour faire passer l’amour du prochain avant le défi écologique.

A ce titre, j’ai pu renoncer à faire vingt minutes à pieds pour aller à la crèche avec mon bébé en plein hiver et donc utilisé la voiture, ou acheté des gâteaux industriels lorsque mon état de fatigue ne me permettait pas de tout faire maison paisiblement ! Il peut aussi nous arriver d’acheter des bonbons bien chimiques aux enfants, comme geste d’amour. Ou encore nous laissons nos parents utiliser des couches jetables si les lavables les dégoûtent, comme nous acceptons avec joie les repas « non écologiques » de nos amis. Il est vraiment important se vérifier que notre conversion écologique ne nous enferme pas mais au contraire permet plus de rencontre et plus d’amour !

En quoi cette conversion écologique a-t-elle changée votre vie de famille ?

Nous ne consommons plus de la même façon, nous avons désencombré notre maison, nous passons plus de temps en famille à échanger, jardiner, cuisiner, jouer, discuter ! A la fois rien de révolutionnaire car tout s’est fait naturellement et en douceur et en même temps notre rapport aux biens, aux saisons et au temps a changé. Pour plus de joie en famille !

Comment initier ses enfants à cette démarche écologique ?

Les enfants sont plus faciles que les adultes à sensibiliser à l’environnement, ils comprennent très vite – si on leur explique plutôt qu’on leur impose – pourquoi on ne fait pas couler l’eau du robinet, pourquoi on éteint les lumières, pourquoi on va visiter cette voisine âgée, etc.

Pour autant, il est nécessaire d’écouter leurs besoins légitimes de se sentir comme tout le monde. Pas toujours facile de ne pas avoir le dernier gadget à la mode ou le même goûter que les copains. En particulier à l’adolescence il est important de savoir céder de temps en temps pour leur manifester notre écoute et notre amour. C’est le meilleur moyen de les impliquer dans notre conversion en leur donnant un témoignage joyeux, ouvert, aimant !

Vous avez publié récemment le petit frère, un cahier d’activité : peux me présenter le projet, comment avez-vous eu l’idée ?

C’est le complément du premier livre, en plus ludique encore puisqu’il s’agit d’un cahier d’activités. Tests, cases à cocher, jeux, méditations, exercices…pour chaque pièce de la maison. On y trouve aussi beaucoup plus d’idées concrètes pour avancer, selon son niveau, débutant intermédiaire ou avancé, pour se réjouir de ce que l’on fait déjà et s’encourager avec de nouveaux moyens concrets.

Pour finir, que dirais tu aux personnes qui hésitent à se lancer dans cette démarche écologique sous prétexte que ça parait insurmontable, que ça nous dépasse ?

Déjà qu’elles font certainement déjà beaucoup sans même s’en rendre compte. Ensuite qu’il ne s’agit pas de se culpabiliser de ce qu’on ne fait pas mais de poser un premier petit pas, à sa portée. On a gouté à la joie de ce tout petit pas qui donne envie d’en faire un autre et qui nous met en chemin, joie de poser des actes justes qui nous font nous sentir plus humains et plus dignes !

Et je laisse la dernière parole au pape François : « Il ne faut pas penser que ces efforts ne vont pas changer le monde. Ces actions répandent dans la société un bien qui produit toujours des fruits au-delà de ce que l’on peut constater, parce qu’elles suscitent sur cette terre un bien qui tend à se répandre toujours, parfois de façon invisible. Laudato Si 212 »

 

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Tiphaine Crozon

Maman d’un petit garçon, passionnée par l’écriture et la littérature. Tiphaine échanger sur sa vie de jeune femme et de maman.