Devenir Maman aux USA, how I become a mom in the USA

Devenir Maman aux USA, how I become a mom in the USA

Devenir Maman est un plongeon dans un univers inconnu. Imaginez devenir Maman à 10,000 kilomètres de votre pays natal. 

Avoir un bébé aux USA, cela commence comme en France : nous avons fait un test de grossesse où devait apparaitre « PREGNANT » ou « NOT PREGNANT », jusque-là pas besoin de dictionnaire. Pour notre plus grand bonheur, le mot « PREGNANT » est apparu ! Trois jours plus tard, nous faisions un test sanguin et la nurse nous annonçait « It’s positive. Congratulations! » tout en nous tendant un sac rempli de brochures, publicités remplies de conseils. Et puis, nous sommes rentrés chez nous des questions plein la tête, qui n’ont obtenues des réponses que 17 jours plus tard, lors du premier rendez-vous avec le docteur. Une éternité pour nous ! Nous avons fait la première échographie sur laquelle apparaissait … une tache noire, heu pardon notre beautiful baby, que nous avions rapidement surnommé Bryan-Kimberley pour faire local, et puis au cours de la grossesse, Bryan-Kimberley s’est transformé en B-K, pour faire plus court. 

Le suivi gynécologique tabernacle

Nous avons eu la chance d’être suivi par une gynécologue-obstétricienne (OB/GYN, comme on dit ici) Canadienne. Nous redoutions un peu la barrière de la langue (pourquoi n’avons-nous pas appris les mots due date, delivery, cervix, ultrasound, epidural, C-section, etc. en cours d’anglais ?), mais cela n’a donc pas du tout été un problème.

Tout le suivi est fait dans la même structure, toujours selon le même circuit :

  •  Une nurse fait les examens d’usage (poids, prise de sang, test d’urine, prise de tension, écoute du cœur du bébé).
  • L’échographe réalise l’échographie si cela est prévu, et nous envoie en direct plein de photos et vidéos sur nos téléphones portables. Nous avons fait cinq échos dont certaines en 3D sans que l’on nous demande notre avis.
  • La consultation se termine par un entretien avec l’OB/GYN, pour qui tout était toujours « perfect », « amazing », « great », « wonderful » ! Pourtant j’ai pris un certain poids (qui aurait fait hurler n’importe quel médecin français) mais je n’ai jamais eu une seule remarque – pour des questions de dignité, vous comprendrez que je garderai secret le nombre exact de kilos !

Notre OB/GYN ne nous a transmis aucun stress. Elle nous a autorisé à rentrer en France deux fois pendant la grossesse (dont une fois pendant le 7ème mois) et à faire un road trip de 12h jusqu’à la Nouvelle-Orléans. Pas de stress concernant la toxoplasmose non plus, les nurses m’ont demandée si j’avais un chat ? – Non – Si j’étais amenée à côtoyer un chat ? – Non – Ok donc on ne teste pas la toxo, pas besoin. En bonne française, j’ai quand même demandé à être testée au début de la grossesse, à chaque retour de France et six semaines après l’accouchement. 

Au total, nous avons eu une vingtaine de rendez-vous, un tous les mois au début de ma grossesse, ensuite un tous les 15 jours à partir du troisième trimestre, et enfin un toutes les semaines à compter du huitième mois. Ils sont très précautionneux ces Américains ! 

Le personnel a toujours été adorable et encourageant. 

Les cours de préparation à la naissance

C’était assez typique ! Cela consistait à venir écouter une infirmière, munis d’un paquet de chips et d’un soda (large de préférence). Les thèmes des cours étaient très variés : 

  •  Préparation à l’accouchement (naturel ou par césarienne, deux cours différents)
  • S’occuper de bébé
  •  Allaitement
  • Préparer son aîné à la venue d’un autre enfant
  • Premiers secours
  • Accueillir des jumeaux
  • Préparation pour les grands-parents
  • Visite de la maternité

Ces cours étaient facultatifs, nous en avons suivi quelques-uns et nous nous sommes retrouvés dans des situations cocasses, parfois proches du fou-rire : 

  • La mise en pratique de différentes techniques de massages par le papa pour supporter les contractions
  • Le visionnage de vidéos d’accouchement, sans péridurale bien sûr
  • Faire prendre le bain ou encore réanimer un poupon
  • Allaiter un poupon avec des faux seins en tissus

Les poupons étaient de différentes couleurs (blanc, hispaniques ou afro-américains) et chaque couple prenait celui qui lui correspondait. Le must, c’est le jour où on nous a demandé d’apporter un « objet de confort ». Cet objet devait nous permettre de rester concentrée pendant l’accouchement, afin de mieux supporter la douleur. Personnellement, mon objet de confort c’était la péridurale, mais je n’avais pas d’aiguille à amener… Un couple, qui attendait des jumeaux, a apporté des photos de … leurs chiens. Nous sommes restés plus que perplexes !

THE baby shower 

Mes amies proches ont organisé la fameuse baby shower ! Au départ, je n’étais pas trop en faveur d’organiser une fête pareille (superstition !), et puis je me suis dit que mon bébé allait être américain et que j’avais la chance de pouvoir vivre une vraie baby shower à l’américaine. Donc j’ai finalement accepté avec plaisir, et je ne le regrette pas, c’était génial ! Cela nous a aidé à passer un cap et à être prêts à accueillir notre bébé. Je pense que nous avons réalisé que nous étions vraiment bien entourés et aimés. Par contre, nous n’avons pas fait de « reveal party », une fête pour dévoiler le sexe du bébé, car nous voulions garder la surprise jusqu’à l’accouchement (grâce au test sanguin qui dépiste les trisomies, nous aurions pu savoir si nous attendions un garçon ou une fille). Oui, j’étais comme un chocolat Kinder Surprise pendant 9 mois, sujet à toutes les spéculations. 

Et l’accouchement arriva (enfin)

En France une grossesse dure théoriquement 42 semaines, c’est plus court aux Etats Unis : 41 semaines. La moyenne mondiale est 41,5 semaines, il y a donc une version pessimiste et une version optimiste !

J’ai dépassé le terme Américain théorique de 4 jours, et les Américains n’aiment pas trop cela, un déclenchement a été ainsi planifié.

Nous avions préparé un joli birthplan pour expliquer aux médecins quel accouchement nous souhaitions (péridurale, qui coupe le cordon, tétine, etc.). Bien sûr, ils se réservent le droit de le modifier en cas d’urgence.

Quatre personnes sont autorisées à suivre l’accouchement. Les Américains viennent avec une doula (personne qui propose un accompagnement non médical de la grossesse et l’accouchement. C’est très répandu aux USA.) , un photographe ou encore un vidéaste !

Mon accouchement a commencé le jour d’Halloween. Avant de partir à la maternité, j’ai donné des bonbons aux enfants qui sonnaient à la porte, entre deux contractions. Lorsque nous sommes arrivés à l’hôpital, les nurses, les médecins, les réceptionnistes étaient tous déguisés, c’était très drôle à voir !

Accoucher aux USA, c’était super ! Le paradis ! Cela peut vous paraitre étrange, mais c’est vraiment le sentiment que cela m’a laissé. J’aurais pu recommencer le lendemain (une carrière de mère porteuse s’ouvre peut-être à moi !). Etienne, mon mari, vous dira que j’ai oublié pas mal de choses dont lui se souvient très bien… Je vous passe les détails un peu intimes de ce merveilleux moment. Je précise simplement que j’ai eu une péridurale (My Best Friend Forever !) très bien dosée. Il paraît que les Américains sont assez doués pour cela. J’étais autorisée à boire de l’eau et à manger des glaces à l’eau.

Avec la sonde, je n’avais plus besoin d’aller aux toilettes toutes les 2 minutes. Juste en faisant une grosse sieste, le col s’est ouvert à 10 et le bébé était prêt à sortir. Ça donne envie, n’est-ce pas ?! Après il a fallu pousser, ce que j’avais complètement occulté, car malgré les nombreux cours que nous avions pris, personne ne nous a appris à pousser. Bref, on se débrouillait tellement comme des chefs que parfois la nurse s’absentait et laissait Etienne m’accoucher seul, quelle expérience ! Le papa est très impliqué pendant l’accouchement. On lui fait tenir les jambes, l’invite à passer de l’autre côté, à couper le cordon, à faire du skin to skin (contact peau à peau entre le bébé et l’un de ses parents), à me soutenir pendant la pose de la péridurale, etc. Il a bien sûr le droit de refuser. Un miroir a aussi été proposé pour que je puisse profiter du spectacle.

Et Louison vu le jour … Marie – Lyne (notre OB/GYN, qui est devenue entre-temps une amie) a posé Louison sur moi et a attendu que le cordon arrête de battre pour qu’Etienne le coupe. Et la merveilleuse aventure de la parentalité a commencé.ALT-devenuemere-usa-mamanvogue

Le séjour à la maternité était une parenthèse enchantée

C’était très confortable. Notre chambre ressemblait plus à un hôtel qu’un hôpital. Etienne avait son lit. Le personnel était aux petits soins, toujours disponibles et de bons conseils. Nos amis pouvaient venir nous voir 24h/24 et une salle d’attente leur était réservée pendant l’accouchement. Mention spéciale pour le service de restauration qui est un service personnalisé 24h/24. Nous avions un menu comme au restaurant (entrées/plats/desserts/boissons). Un coup de téléphone suffisait à obtenir ce que nous désirions, pizzas, nuggets, légumes, pancakes, muffins et j’en passe. Juste après l’accouchement, alors que je n’avais rien avalé depuis des heures sauf des glaces à l’eau, un burger est venu à moi. Le meilleur de ma vie …

Louison était confortablement emmaillotée et nous faisions du skin to skin très régulièrement. Les Américains adorent ça.

La petite parenthèse idyllique a été de courte durée (deux jours). Notre pédiatre, choisi avant l’accouchement, est venu ausculter Louison et l’a autorisé à sortir de la maternité. Un OB/GYN a également autorisé ma sortie.

Avant de pouvoir rejoindre notre Home Sweet Home, nous avons passé 2 heures avec une nurse à signer des papiers et à l’écouter nous expliquer comment prendre soin de bébé et de moi. Après mille bâillements de ma part, elle a enfin mis Louison dans son siège auto qu’elle a posée sur un chariot avant de l’installer dans notre voiture, histoire d’être sûre que nous sortions bien de la Maternité entiers. 

I am a proud breastfeeding Mama.

Les USA sont un paradis pour les mamans allaitantes. Tout est fait pour qu’elles puissent mener à bien l’allaitement, le plus longtemps possible. Nous sommes accompagnés avant et après la naissance. Des cours et des groupes de soutien sont organisés. Des salles pour allaiter et tirer son lait existent partout, que ce soit dans les centres commerciaux ou les entreprises. Des nurses aux pédiatres, tout le monde est calé sur la question. En cas d’hospitalisation avec bébé, un tire lait est à disposition, une affiche « breastfeeding mama » est collée sur la porte, le lait est conservé au frais dans des biberons avec des étiquettes informatisées au nom de l’enfant (les nurses les rapportent chauds sur demande). Les mamans qui allaitent longtemps ne sont pas mal vues. Au contraire, ici, ils partent du principe que les mamans allaitent et ce, sur une longue durée. Il n’est pas question de donner un biberon de complément dans le dos de la maman. Je suis une heureuse breastfeeding Mama depuis bientôt 16 mois et cela ne perturbe absolument personne. 

Le post-partum pour Mama, ou le néant

A part un rendez-vous six semaines après l’accouchement, absolument rien n’est prévu pour la Maman. Après en avoir fait la demande, j’ai pu obtenir une rééducation du périnée auprès d’un urologue. Ce dernier était ravi de me voir et se désole que toutes les Américaines ne fassent pas cette démarche.

Cependant, j’oubliais, lors des premières visites chez le pédiatre, on m’a demandé de remplir un questionnaire afin de vérifier que je ne faisais pas une dépression post-partum (syndrome dépressive plus grave que le baby blues qui peut apparaitre après la naissance d’un bébé).

Le suivi pédiatrique 

Deux jours après la sortie de la maternité, un rendez-vous chez le pédiatre était prévu pour surveiller la prise de poids, appelée la newborn visit. Suite à cette première visite, des visites sont prévues aux 2 semaines, 2 mois, 4 mois, 6 mois, 9 mois et 1 an du bébé. Il est pesé, mesuré (taille et tour de tête) et nous sommes informés de comment il se situe par rapport aux courbes Américaines, et ce en pourcentages.

La pédiatre est d’une extrême gentillesse. Elle prend le temps de répondre à nos innombrables questions et de nous rassurer en nous disant que l’on fait tout parfaitement pour notre bébé. Ses conseils sont très précieux et s’avèrent très utiles. 

Et nous avons donné naissance à un petit Franco-Américain 

Vous avez peut-être pu noter quelques différences avec la France, contrairement à nous, dont Louison est notre premier enfant, celui qui a fait de nous des parents.

Je note tout de même une différence économique. Il n’y a pas de sécurité sociale aux Etats Unis, tous les soins de santé sont payants. Les hôpitaux se font concurrence et traitent de ce fait le patient/client comme un roi. C’est le côté positif. Le côté très négatif, comme ce service est payant, est que tout le monde ne peut se l’offrir. Cela nous a quand même couté l’équivalent d’un beau voyage, alors que nous avons une bonne mutuelle.

Dès le début de ma grossesse, j’ai passé pas mal de temps à répondre aux questions des inconnus « C’est pour quand ? C’est une fille ou un garçon ? C’est votre premier ? » et à les écouter me parler de leurs propres expériences. Puis, après la naissance, même histoire, « Quel âge à votre bébé ? Il est adorable ! Comment s’appelle-t-il ? ». Nous ne pouvons plus nous balader sans que quelqu’un nous interpelle. C’est très Américain et très agréable de discuter avec des gens que l’on ne connait pas et qui veulent tout bonnement être sympathiques.

Finalement, aux USA, en France ou bien ailleurs, devenir Maman procure les mêmes sentiments. Tu as des étoiles plein les yeux et ton cœur déborde de bonheur. Tu regardes ce petit être avec émerveillement et tu te dis « C’est nous qui avons fait ce trésor ? ». Et tu es heureux, tout simplement.

Devenir Maman aux Etats Unis n’a pas du tout été compliqué. On se fait à tout, on s’adapte.

C’est une chance. Je ne peux dissimuler mon sourire et ma fierté en l’imaginant écrire ou dire qu’il est né aux Etats-Unis. Notre expatriation sera à jamais gravée dans nos cœurs et nous en rapporterons un petit bout d’Amérique.

De France, nous sommes partis à 2 et nous reviendrons à …….4, avec nos petits Américains ! Louison va devenir grand frère en fin juin 2019 !

We love you to the moon and back.

Aurelie, compte instagram @ohouionsexpatrie

 

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Photo : ©ProjectNursery

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