Cycle féminin et contraceptions naturelles : pour une féminité libérée des hormones de synthèse

Cycle féminin et contraceptions naturelles : pour une féminité libérée des hormones de synthèse

 

Toutes les femmes ont envie de connaitre et d’appréhender le plus sereinement et de manière bienveillante leur cycle féminin. Maman Vogue a rencontré Audrey GUILLEMAUD, formatrice en méthodes de contraceptions naturelles et en analyse autonome des cycles de la femme  (http://contraception-au-naturel.com/). Son livre « Cycle féminin et contraceptions naturelles » résume les techniques naturelles les plus fiables, et parle plus particulièrement de symptothermie. Le but de cette méthode ? Savoir analyser ses périodes naturellement fertiles ou infertiles, sans calculs, ni pronostics, ni prises de risque ! Rencontre ! 

1/ Pourquoi écouter et apprendre à lire son cycle menstruel ?

Ecouter son cycle est une culture du corps vivant. Cela permet d’apprendre à auto-gérer sa fertilité. La femme qui apprend à lire le déroulé de son cycle jour après jour, peut ensuite adopter une contraception naturelle qui ne se base ni sur le calcul, ni sur des approximations : mais sur son savoir et ses auto-observations doublement ou triplement contrôlées pour plus de sécurité. Pour réussir, la femme doit bien sur être formée, cela ne s’improvise pas !

2/ Pourquoi avons-nous des changements d’humeur suivant notre cycle ?

Les changements d’humeur lors du cycle naturel de la femme sont liés à nos fluctuations hormonales : fertile ou non, ce ne sont pas les mêmes hormones qui dominent (oestrogène ou progestérone), ni à la même intensité (voir graphique) !

La variabilité de nos hormones a des conséquences : pas seulement sur l’humeur, mais aussi sur notre dynamisme musculaire, sur notre poids, sur la qualité de notre peau et de nos cheveux, sur celle de notre sommeil, et bien sur : sur notre fertilité, au jour le jour ! Autant de paramètres qui varient profondément, au cours d’un seul et même cycle : selon nos fluctuations hormonales !

A savoir : la fluctuation hormonale est utile : elle est pour nos artères, nos tissus et nos os, un métronome dans leurs cycles de fonctionnement et de régénération ! Nos hormones ne dirigent pas que notre fertilité ! Mais notre santé globale !

3/ Pourquoi a-t-on des cycles irréguliers ?

  • Souvent, les cycles irréguliers sont dus à des prises de contraceptions hormonales de par le passé, que le corps n’a pas éliminé totalement. Si vous êtes dans ce cas, il faut savoir que retrouver des cycles réguliers, dépendra de l’élimination des hormones de synthèse par vos organes (elle est progressive), mais aussi de la remise en route de la bonne communication, du système « ovaires – hypophyse ». Un système qui communique en permanence, pour assurer le retour de la fertilité régulière.

Ce système de communication étant mis en pause, sous contraceptions hormonales : le retour du dialogue régulier entre les ovaires et l’hypophyse : dépend fortement de l’âge auquel vous avez commencé une contraception hormonale et pendant combien de temps vous l’avez prise. Il faut 100 cycles réussis environ sur le système humain, pour créer des cycles réguliers : aussi la femme qui aura le plus de mal à obtenir des cycles réguliers, en post contraception hormonale, est celle qui aura pris la contraception hormonale très tôt, en n’ayant pas vécu une centaine de cycles naturels, avant. C’est cela, qui peut handicaper le retour de cycles réguliers, sur la longueur.

  • Si vous n’avez jamais pris de contraception / traitement à base d’hormones de synthèse de par le passé, les causes d’un cycle irrégulier peuvent être psychologiques ou physiologiques, et quelques examens de santé peuvent être utiles. A noter : les grandes sportives ou les personnes en sous poids peuvent avoir une fertilité qui se met en pause et des ovulations très irrégulières, car le corps est mobilisé dans d’autres priorités énergétiques, que la mise en œuvre de la fertilité ! Ce n’est pas une maladie, mais une priorité temporaire différente, pour le corps.

4/ Je voudrais passer aux méthodes naturelles mais j’ai peur de ne pas arriver à suivre mon cycle, comment faire ?

Pour débuter en confiance : une formation, avec le moniteur de votre choix, est de mon point de vue indispensable ! Vous gagnerez non seulement en sérénité, mais en sécurité pratique. C’est réellement le parachute absolu pour être certaine de tout comprendre et que vos erreurs possibles : soient corrigées.

Il existe plusieurs formations possibles (et sachant très bien gérer le cas spécifique des post contraceptions hormonales, mêmes complexes) : l’INER Rotzer, Le Cler Amour et Famille, Le Sensiplan, Avifa, Symptotherm, Sérena … J’ai voulu parler dans mon livre de toutes ces formations, car c’est une richesse qu’autant d’interlocuteurs existent pour vous renseigner et vous former.

5/ Et en post partum, et même si j’allaite : est ce que je peux aussi parvenir à lire mon cycle ?

Il existe une déclinaison spéciale de la méthode symptothermique, adaptée au post-partum. Elle consiste à bien analyser  la glaire cervicale vue et ressentie et toutes les pertes de sang : pour déterminer avec précision votre retour de fertilité, et quand l’allaitement cesse de bloquer votre ovulation. Chaque formateur peut vous les apprendre, il suffit de lui préciser que vous êtes en post partum et allaitez.

6/ Comment calculer mes jours fertiles ?

Pour les protocoles fiables de symptothermie : les  jours fertiles ne se «calculent » pas ! Il faut s’auto observer au présent pour voir la fenêtre de fertilité s’ouvrir, connaitre son apogée puis se fermer pour le cycle en cours.

Cela car le principe de la symptothermie est de combiner AU PRESENT (sans calculer !) : 2 à 3 indications que le corps nous montre : pour nous indiquer quelle est notre période fertile du cycle. Si on décompose le mot SYMPTO-THERMIE, on comprend mieux quelles sont ces indications !

 

  • SYMPTO : ce sont les symptomes de la fertilité en cours ! la glaire cervicale fertile et le col de l’utérus fertile : ils  vont changer d’aspects et de texture, dès que la femme est fertile (dès J-7 à J-5 avant l’ovulation, et pendant l’ovulation) !

 

  • THERMIE : c’est la température du corps le matin, qui va monter, dès que la femme a ovulé !

 

7/ Comment se pratique la symptothermie et la lecture combinée, des 3  indicateurs de fertilité ?

En SYMPTO-THERMIE : on observe donc sa température, sa glaire cervicale, son col de l’utérus (seulement si on le souhaite, cette dernière donnée n’est pas obligatoire), jour après jour. On reporte ensuite ce que l’on a vu comme variations, sur un cyclogramme. C’est cela la symptothermie : observer, noter, puis interpréter !

 

Les 3 indicateurs de fertilité à lire, se lisent entre 2 périodes de règles. On commence à les lire, dès la fin des règles. On reporte ensuite ce que l’on a observé au jour le jour.  Nos températures du matin, la glaire ressentie et vue, l’aspect, la position et la sensation au col. Rien n’est calculé ! On ne note que ce qui se passe, au présent.

8/ Est-ce que la symptothermie est aussi fiable que n’importe quel autre moyen de contraception ?

La contraception naturelle par symptothermie est une contraception hautement humaine. C’est-à-dire qu’elle réussira si vous êtes formée et pratiquez sans oublis ni négligences dans vos auto observations : avec une fiabilité comparable à la pilule correctement prise. Une fiabilité ostensible de 99.6%, est reconnue par l’OMS et le Quotidien des Médecins.

A l’inverse, la symptothermie échoue assez souvent : si le couple pratique sans être formé, et/ou avec des incompréhensions restantes ou des négligences dans les auto-observations. C’est un peu comme les différences de fiabilité entre une pilule prise avec soin et constance, ou une pilule prise avec des oublis ou des négligences.

9/ Pourquoi certaines femmes ont plus mal que d’autres pendant les règles ?

Il faut éliminer les causes pathologiques (endométriose notamment, par une IRM). Ensuite, ce sont souvent les femmes plutôt sédentaires, ou ayant un organisme ayant des difficultés à éliminer une alimentation trop acidifiante et / ou trop riche. Comme il n’y a pas une réponse unique, consulter une sage femme et un naturopathe permet souvent d’avoir des pistes de soins plus variées et personnalisées que des traitements chimiques : des solutions reposant sur un réequilibrage alimentaire, la phytothérapie, et des étirements.

10/ Quels sont les aliments pour éviter d’avoir des douleurs de règles?

Si l’on parle des douleurs de règles sans cause pathologique, la tisane de framboisier et le magnésium marin fort sont généralement efficaces, combinés à d’avantage d’exercices physiques et à une alimentation moins riche à certaines périodes du cycle.

En outre, se renseigner sur le fonctionnement de son corps : permet aussi de visualiser ce qui se passe lors du cycle vivant et ainsi d’atténuer bien des douleurs, car le corps « n’échappe » plus à la femme, elle se comprend, dans une idée d’auto assistance et de prise de sa santé en main. L’éducation et les connaissances sur le cycle naturel sont pour chaque femme sa boite à outils, celle que j’ai souhaité compiler, dans mon livre « Cycle féminin et contraceptions naturelles », afin que chaque femme puisse cheminer vers plus de liberté intime et contraceptive.

Interview d’Audrey Guillemaud

Illustrations d’Alice Wetzel pour le live Cycle Féminin et Contraceptions Naturelles

Tableau de statistiques de Sérena Quebec