Confinés, quels enseignements allons-nous pouvoir tirer de la Passion du Christ et de sa Résurrection ?

Confinés, quels enseignements allons-nous pouvoir tirer de la Passion du Christ et de sa Résurrection ?

Alors que s’achève le dimanche des Rameaux, tous les chrétiens du monde s’apprêtent à revivre les derniers jours du Christ et à fêter sa Résurrection. Mais voilà que nous nous retrouvons bien dépourvus, confinés dans nos maisons, nos appartements, loin de nos Églises, de nos prêtres, de notre communauté. Comment allons-nous pouvoir vivre ces instants si importants dans la foi chrétienne et quels enseignements allons-nous pouvoir tirer de cette situation exceptionnelle ?

 

Cette semaine nous nous apprêtons à vivre le moment le plus important de notre calendrier liturgique : la victoire de Jésus sur la mort et plus largement, comme l’a dit le Pape François, le moment où « l’amour a vaincu la haine, la vie a vaincu la mort, la lumière a chassé les ténèbres ».

Or, force est de constater que la tendance actuelle est en effet en l’exaltation de l’amour, de la vie et de la lumière : n’est-ce pas tout ce dont parlent les médias ?  Aujourd’hui, le monde semble (enfin) fonctionner à l’unisson ; tous les gouvernements, toutes les chaînes TV, tous les foyers ont les yeux rivés sur un microscopique mal qui nous aura fait vivre un carême bien particulier : le covid-19. Vil et quasi invisible ce virus a pris une place particulière en chacun de nous, si ce n’est en nos corps, en nos esprits. Il nous angoisse, nous inquiète, nous oblige à revoir notre organisation, notre vie bien rythmée, il nous éloigne les uns des autres, crée de la maladie et de la tristesse.

Mais, dans la rudesse de ces longues journées confinées, loin de nos familles et coupés de notre quotidien habituel, nous avons pu vivre un carême sans précédent qui nous aura permis de ranimer en nous trois principes essentiels à l’humanité, et surtout, à notre vie de chrétiens : l’humilité, l’espérance et l’amour. Trois principes que nous redécouvrirons aux côtés de Jésus cette semaine.

HUMILITÉ

« Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé » Matthieu 23:12

En cherchant bien, quel plus bel exemple d’humilité (et de vulnérabilité) que Jésus, Fils de Dieu, mourant sur la croix ?

L’arrivée du coronavirus dans nos vies, loin de s’être passée en douceur, nous a surpris et bousculés. Cela aura été utile pour nous rappeler que nous ne sommes pas invincibles, ni nous, ni nos proches. Pour protéger les êtres qui nous sont chers il nous aura fallu faire acte d’humilité, en prenant des précautions lors de nos rares sorties pour le bien de tous, en ne cherchant pas à nous mettre en avant mais bien à veiller au monde qui nous entoure. Simplement parce que, à ce moment-là, nous nous sommes rendus compte de son importance à lui, le voisin un peu ronchon, elle, la mamie toujours trop lente ou encore lui, le petit garçon trop bruyant. Simplement parce qu’il était temps de stopper nos vies orgueilleuses, nos vies sans repos, sans répit. Cette fois-ci, face aux dangers du virus, on ne trouve aucun intérêt à être le premier, à plaire ou à être remarqué. Au contraire, confinés chez nous, nous apprenons à redécouvrir les talents et les qualités que Dieu nous a donnés pour les utiliser au service de l’autre, en toute humilité. Par la mort de son Fils, Dieu-Roi nous montre que le chemin de la vie et du bonheur passe par l’humilité et le don de soi.

 

ESPÉRANCE

« Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de paix dans la foi, afin que vous débordiez d’espérance par la puissance de l’Esprit Saint » Rm 15:13

« Venez et voyez » (Jean 1:39), le Christ est bien ressuscité ! L’espérance première d’un chrétien réside en la certitude qu’un jour il quittera la vie terrestre pour la vie glorieuse de Dieu, comme nous le rappelle les fêtes de Pâques.

Cela fait particulièrement écho à la crise sanitaire que nous traversons, à nous de vivre ceci comme une certaine forme de Résurrection et, de fait, comme une nouvelle espérance. Il y aura un avant et un après cet épisode pandémique. C’est le moment de décupler notre espérance, de croire en un monde plus juste, plus saint et de travailler chaque jour pour cela, dès aujourd’hui mais aussi, et plus encore, au lendemain de cette crise. C’est notre rôle de chrétiens d’espérer ce renouveau en puisant notre force dans la liturgie de ces prochains jours et en prenant exemple sur le Christ.

 

AMOUR

« Car Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle »  Jean 3:16

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jean 15:13), voilà le cœur des enseignements à tirer de la Passion du Christ. Comme Jésus s’est donné pour nous sauver, l’épreuve que nous traversons actuellement nous rappelle l’importance du service, de l’espoir, du don de soi, et donc, inéluctablement, de l’Amour. Nos soignants, nos militaires, nos élus, nos caissières, nos pharmaciens, nos éboueurs, et tant d’autres travailleurs méritent nos applaudissements aujourd’hui car, depuis le début de la crise, ils continuent de prendre soin du monde qui les entoure, de la vie, de l’humanité. Les pères et les mères en télétravail, ceux au foyer, les enfants confinés, les célibataires ou les veufs seuls dans leur appartement et tant d’autres encore méritent également ces applaudissements. Tous, nous les méritons dès lors que nous continuons à sauver l’autre en respectant les consignes, à espérer en rêvant du jour où tout cela sera derrière nous, à donner un peu de notre énergie pour aider notre voisin, soigner un enfant, à aimer la VIE qui continue d’exister autour de nous et à renforcer notre humanité un peu plus chaque jour.

Dieu a donné son Fils, le Christ a donné sa vie, cela simplement par Amour pour l’Homme. Soyons dignes de ce don en travaillant nous-mêmes à le mettre en œuvre.

 

L’actualité et la Résurrection prochaine du Christ, nous rappellent l’importance de notre mission de chrétiens : être des témoins d’Amour et d’Espérance, tels que Dieu nous le demande aujourd’hui. Il y a aura nécessairement un passage entre l’avant-pandémie et l’après-pandémie, un renouveau ; à nous, chrétiens, d’humaniser le monde qui nous entoure, à nous de raviver le feu qui brille au fond de nos cœurs, à nous de suivre les chemins de Sainteté jusqu’à notre retour au Père.

 

Anne-Victoire G.