Ne pas comparer ses enfants entre eux, est-ce que c’est vraiment possible ?

Ne pas comparer ses enfants entre eux, est-ce que c’est vraiment possible ?

Je crois bien que depuis que la naissance de mon deuxième enfant il y a 4 ans, le conseil que j’ai le plus souvent entendu est : « Surtout, ne compare pas tes enfants entre eux ! ». Il faut dire qu’aujourd’hui j’ai 3 petits garçons et que, sans que je ne demande rien aux gens, dès qu’ils l’apprennent, ils s’empressent de me donner ce précieux conseil.

Je comprends l’idée que chaque enfant est unique, que chacun évolue à son propre rythme et que la comparaison entraîne la concurrence et la jalousie, mais de là à m’interdire complétement de comparer mes enfants entre eux, j’avoue que j’ai du mal. Non, je ne peux pas m’empêcher de les comparer de temps en temps, je crois même que j’aime bien le faire et que je n’y vois pas que du négatif.

Loin de moi l’idée de vous inciter à faire des grilles comparatives ou des tableaux Excel des qualités ou défauts de vos enfants, mais arrêtons de culpabiliser quand il nous arrive de les comparer !

Les comparer m’aide à mieux les connaître individuellement

Je passe une bonne partie de mes journées à observer mes enfants ou à penser à eux ! Je pense à l’un, puis à l’autre, et puis à deux en même temps, ou aux trois. Alors, forcément, j’en arrive à comparer leurs façons d’être, leurs caractères, leurs réactions, leur développement. Mais comparer n’est pas forcément juger, comparer ça peut aussi constater quelque-chose, reconnaître qu’il y a des différences entre eux (ou pas). Comparer ce n’est pas distribuer des bon-points ou des punitions. La comparaison peut être bienveillante. Penser qu’on a un enfant moins créatif qu’un autre, ce n’est pas penser qu’il est moins bien que l’autre !

En reconnaissant qu’un enfant est moins créatif que son frère, on peut découvrir une autre qualité chez lui, moins apparente au premier abord que la créativité du grand frère, mais tout aussi précieuse. À mes yeux, la comparaison peut aider à mieux comprendre chacun de ses enfants individuellement. Mettre en avant leurs différences aide à percevoir chacun comme une personne à part entière et non pas juste comme l’un des membres du “bloc fratrie“ où tous les enfants seraient un peu pareils.

Les comparer pour me dire que tout va bien

Les comparer entre eux m’aide aussi à vérifier que tout va bien, que chacun évolue bien. Bien sûr, chaque enfant a son propre rythme mais se rappeler les étapes que l’on a déjà vécues avec un aîné peut nous aider beaucoup dans notre rôle de Maman. Prise dans le quotidien et les progrès des uns et des autres, on peut passer à côté de certaines choses. On peut en prendre conscience au hasard d’un souvenir ou d’une petite comparaison qui pourrait s’avérer être très utile. Par exemple, c’est en me souvenant que mon ainé avait raconté sa vie tout l’été sur la plage l’année de ses 2 ans que j’ai réalisé que je ferais bien d’emmener mon deuxième voir une orthophoniste.

Dans ce cas-là, la comparaison a agi comme une petite sonnette d’alarme, mais en général elle est plutôt rassurante. Souvenons-nous de notre premier enfant et de nos inquiétudes, nos hésitations ou nos faux-pas de Maman novice. Pourquoi ne pas capitaliser sur cette expérience et y puiser des forces pour élever ses frères et sœurs d’une manière zen, de plus en plus zen ? Et cela passe forcément par un peu de comparaison.

Au quotidien aussi, la comparaison peut aider. S’il y a des changements importants dans la famille (déménagement, arrivée d’un nouveau bébé…), les réactions des frères et sœurs vont être différentes mais, en général, pas aux antipodes les unes des autres. Constater que tout le monde passe par les mêmes étapes est rassurant. C’est comme si chaque enfant était un peu le baromètre des autres. Alors voir qu’il y a en a 2 qui ont râlé 3 jours et puis qui sont passés à autre chose quand celui du milieu ne décolère pas depuis 2 mois, nous montre bien que celui-là a grand besoin d’une attention particulière.

J’évite d’en tirer des grands dogmes ou de leur coller des étiquettes

Je compare donc mes 3 fils entre eux, je l’avoue. Et en plus de ça, oui, je le fais aussi avec mon mari ! Et ça nous fait souvent d’excellents sujets de discussion et d’étude ! C’est très fréquent que l’un de nous lance une conversation comme ça : « Tu ne trouves pas qu’il est beaucoup plus dégourdi que ses frères au même âge ? (bon, ça marche aussi avec “colérique“!) » Nous voilà alors lancés dans des grandes comparaisons, on ressort des souvenirs, on donne des explications, on hésite, on débat… Et on aime beaucoup ça !

Là encore, mais il s’agit de nos fils, c’est normal, on les compare toujours avec bienveillance. L’idée n’est jamais de dire ‘’celui-ci est mieux’’, ‘’celui-là ira plus loin’’. Et comme on parle d’eux si souvent, et qu’ils changent tous les jours sous nos yeux, on change régulièrement d’avis sur notre façon de les voir.

Changer d’avis ça veut dire penser un jour que l’un est une crème et que son frère est tellement énervant, alors que le mois d’après ça sera l’inverse total ! En gros, rien n’est gravé dans le marbre. Si on a passé un moment à se dire que l’aîné est le plus matheux, on ne pas commencer à l’appeler le matheux de la famille, ni à raconter à tout le monde qu’il l’est. On discute, on constate mais on ne leur colle pas d’étiquettes. Et on ne se laisse pas aller avec des gens extérieurs à la famille à ce type de comparaison. En ne les voyant qu’épisodiquement, ou en ne se souvenant de mes fils que d’après une conversation où je leur aurais dit « Celui-ci est le plus paresseux », c’est sûr que c’est exactement cette image-là, et seulement celle-là qu’ils garderont de lui, et pour longtemps !

 

Si je n’ai donc pas beaucoup de scrupules à comparer mes enfants entre eux, tout cela reste entre moi et mon mari. J’évite d’en parler à l’extérieur et, encore plus, d’en parler à mes fils. Peut-être que parfois, un « Mais tu es tellement lent par rapport à tes frères ! » m’échappe, tant pis, ce n’est pas un drame. Après tout, comparer c’est humain. Je le vois bien, ils sont si jeunes mais déjà ils me demandent de temps en temps : « Dis, Maman, c’est lequel le plus drôle de nous ? », « C’est lequel le plus fort ? »… J’essaye de ne pas rentrer dans leur jeu… même si parfois, j’ai bien ma petite idée de la réponse.

 

Mathilde Paterson
Journaliste, blogueuse et auteur de livres pour enfants, Mathilde vit en Thaïlande depuis 7 ans avec son mari et leurs 3 petits garçons.

©Caroline Blue Cicada pour MAMAN VOGUE

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