Comment le féminisme met en danger la féminité

11 mars 2018 par Maman Vogue
Comment le féminisme met en danger la féminité

« Le féminisme n’a rien à voir avec une manière sympa d’être une femme moderne et décoincée »

Marilyn, reviens elles sont devenues folles !

L’affaire Weinstein renvoie à nos enfants une image catastrophique des relations homme/femme. Elles sont réduites à une dimension sexuelle et oppressive qui condamne les hommes entreprenants, pervers et dominateurs, et les femmes qui se laissent approcher, victimes consentantes d’une société phallocratique. Bref, c’est le jour de gloire du féminisme, mais pas forcément une victoire pour les femmes.

En effet, la grande perdante de cette rage médiatique, n’est-elle pas la féminité ?

Aussi, comment préserver celle-ci et lui éviter l’impasse de la lutte des sexes ? Surtout, comment la transmettre à nos enfants et leur apprendre à reconnaitre les codes de la séduction, pour qu’ils puissent les vivre avec bonheur, sans fausseté, mais sans pudibonderie non plus ?

Le mâle est fait !

Avec les dénonciations à la chaine de harcèlements, ce sont tous les hommes qui se retrouvent à payer pour les crimes de quelques-uns. On assiste à une vraie chasse aux sorcières, une chasse en meute, où les trophées s’accrochent aux murs de Facebook et Twitter, #Balancetonporc ou #MeToo.

Dans ce contexte, il n’est pas facile pour les hommes de trouver leur place. Mais ce n’est pas simple non plus pour les femmes de les y aider. Catherine Deneuve, un temps partie à la rescousse d’une culture virile en voie de castration, celle qui faisait les beaux jours d’Alain Delon courtisant Romy Schneider, a dû s’excuser devant la colère des blogueuses et des médias indignés. Pourtant, sa démarche de grand-mère libre-penseuse, révoltée par la bien-pensance des jeunes (c’est un comble !), posait une question importante : le rêve matriarcal et asexué, c’est obligé ? Gabin et Belmondo, on y a toujours droit ?

Pourraient-ils seulement exister encore, ces ceux-là ? C’est devenu compliqué pour eux : il y a bien trop de messages paradoxaux pour leur intelligence reptilienne. D’un côté, le moindre soupçon de désir et l’Inquisition féministe les envoie au bûcher. De l’autre, ils sentent bien que ces dames frétillent toujours pour les dieux du stade qu’on tolère encore, de temps en temps, mais au bal des pompiers. Et s’ils sont parents, ils ont intérêt à être de bons papas poules (ou poulets ?), gentils et attentionnés, qui font les courses et rangent la maison, sans oublier d’aimer Top Chef et la Maison des Maternelles sur France 5 …

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Le féminisme, pire ennemi de la féminité ?

Le problème, c’est que la virilité a besoin de la féminité pour exister, et vice versa. C’est en cela que nous sommes complémentaires ! Alors, si nous abandonnons notre féminité, cette complémentarité s’effondre. Elle s’effondrera d’autant plus vite qu’on aura cru la restaurer dans un féminisme revisité. Qu’on ne s’y trompe pas : féminité et féminisme sont des antonymes.

Un peu d’histoire

Au Moyen – Age, l’Eglise sacralisa la veuve et l’orphelin pour polisser les us barbares d’un monde de brutes. Elle a donné ses lettres de noblesse, et aussi sa puissance, à la féminité. En particulier en France : ce n’est pas par hasard qu’on a pris alors comme emblème une fleur de lys quand tous les autres pays se paraient de bestioles agressives à poils ou à plumes. Une simple fleur, gracile et frêle, au milieu d’une foire des trônes de prédateurs. Tout un symbole pour le Royaume qui dominaient l’Europe médiévale et reconnaissait ainsi la supériorité de la grâce sur la violence. Alors, oui, cela ne remettait pas fondamentalement en cause la répartition des rôles entre le chasseur cueilleur et la matrone, mais la femme n’était plus un simple objet de désir qu’on saisit à l’envie, mais au contraire un être qui se conquiert et qu’on approche avec respect et courtoisie.

feminisme

Pour le féminisme, la galanterie n’est qu’une manière plus subtile de soumettre la femme et maintenir l’inégalité. Fécondé par la Renaissance et accouché par les Lumières, le féminisme se veut en effet un mouvement d’émancipation. Il inspire de fait deux courants contradictoires. Le premier porte une conception libertaire de la relation homme –femme qui conduit, comme le fit Sade, à objectiver les êtres au nom du désir impérieux « dicté » par la nature. C’est ce qui nous a donné la grande libération sexuelle des 68tardes ou les textes délicats de Catherine M.

Le second courant, fondamentalement idéologique et politique, aboutit à voir dans toute dépendance, tout abandon ou toute complémentarité avec l’homme une soumission injuste et bourgeoise. Ces deux logiques se rencontrent dans une dialectique qui conduit fatalement à exclure l’homme. Il n’a en effet plus sa place dans un monde gouverné par des amazones qui deviendraient, dans une sorte d’inceste du genre féminin, leur unique source de pouvoir et principe de désir.

C’est pour cela que le féminisme, malgré tous les efforts pour l’apprivoiser et le rendre « neo », « meta », ou encore « alter », ne sera jamais réconciliable avec la féminité dont il combattra toujours, directement ou indirectement, la portée sociétale et politique. En effet, la féminité revient à identifier les femmes pour ce qu’elles sont, en acte ou en puissance : une mère, une compagne et une collègue. Et cela, c’est un péché contre le dogme de l’égalitarisme indifférencié des genres. Le féminisme n’a rien à voir avec une manière sympa d’être une femme moderne et décoincée. Il ne faut pas s’y tromper, il ne peut pas être détourné de ce qu’il est intrinsèquement : la version « gender » de la lutte des classes.

feminisme et feminite - maman vogue

La Féminité, un art à transmettre à nos enfants, avec l’aide de nos conjoints !

Employons-nous donc plutôt à incarner et défendre notre féminité. Faisons-le pour nous-même, faisons-le pour aider les hommes à retrouver un peu de leur virilité. Faisons-le surtout pour nos enfants, pour leur donner les repères qui leur permettront plus tard d’être séduisants et jamais séducteurs, pour qu’ils sachent créer des relations amicales ou amoureuses saines et respectueuses.

L’expérience de la séduction est une étape préliminaire à toute relation amoureuse, il faut les préparer, sans fausse pudeur. Les gestes et les attitudes, normés par l’environnement sociale et familial, se muent progressivement en un langage intime entre un homme et une femme. En fonction de leur éducation, de leur personnalité, de leurs désirs et de leurs convictions, ils fixeront ensemble leurs propres règles.

C’est pour cela que la frontière entre agression et séduction semble parfois ténue et diffère d’un couple à l’autre. Aussi est-il capital d’apprendre à nos enfants, filles comme garçons, à décoder la sensualité, non pour l’ignorer ou la fuir, mais pour lui poser des limites. Celles-ci sont intimement liées aux notions de respect, de pudeur et de prudence. La pudeur guide la façon dont on se présente au regard de l’autre, en s’abstenant de dévoiler ce qui doit rester caché. La prudence mêle l’intuition, l’expérience et bien sûr le discernement, de sorte que, aussi passionnée que soit une relation, on reste à l’écoute d’une petite voix intérieure qui rappelle simplement ceci : « fais-tu bien ce que tu veux, et veux-tu ce que tu fais ? ».

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Voici donc, pour finir, quelques idées pour aider nos enfants :

  • Fixer des règles, en particulier à l’adolescence (vêtements, sorties, fréquentations etc.) et les expliquer : la manière forte éloigne généralement plus les enfants des parents que de leurs amis.
  • Parler d’amour, d’amitié et de sexualité : inutile d’attendre de l’école qu’elle se charge de leur apprendre. Les cours de SVT ou les conseils des copains seront loin d’être structurants pour des ados qui voient leur corps et leurs sentiments bouleversés.
  • Contrôler leurs lectures, films, sites web et réseaux sociaux, pour limiter l’intrusion dans leur esprit d’une image dévoyée de la sensualité. On ne peut pas les protéger de tout ou les retirer du monde : c’est aussi pour cela qu’ils ont besoin qu’on serve de modèle et qu’on marque une alternative.
  • Rien de tel en effet que la pédagogie de l’exemple. Quelle image de la féminité ou de la masculinité j’incarne, seul et en couple ? Cette image me (nous) convient-elle, pourquoi et comment l’améliorer ?
  • Ne pas cacher son affection de couple, au contraire. La manière dont les parents vivent leur relation façonne le regard que les enfants porteront plus tard sur le sexe opposé, et plus encore sur leur conjoint.

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© photos Annaclick – Clarisse de Lauriston – Albane de C

Marie-Amélie Larchet

Psychologue clinicienne et maman de trois enfants.

Psychothérapeute en libéral exerçant à Paris, elle accompagne de nombreuses femmes dans les différentes étapes de leur vie.

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