Comment choisir sa bague de fiançailles ?

Comment choisir sa bague de fiançailles ?

Dis-moi quelle pierre tu portes et je te dirai qui tu es !

Mmhh.., ce moment magique où l’élu nous passe la bague au doigt ! Réminiscence de nos contes de fées de petites-filles, rêve d’enfance toujours dans un coin de notre tête (vite prince charmant décide-toi !!), souvenir qui nous plonge quelques années en arrière : difficile d’avouer que l’on n’a jamais réfléchi à la bague de ses rêves. Certaines d’entre nous ont même eu la chance de pouvoir la dessiner, d’autres préfèrent la surprise !

Plongée au cœur d’un univers étincelant, avec Agnès Gourlet, gemmologue et fondatrice de Berlet.

Agnès, comment êtes-vous devenue gemmologue ? La passion des pierres précieuses et des bijoux, un rêve de petite fille ?

J’aime la couleur depuis toujours, mais pour autant j’ai fait de toutes autres études puisque je suis ingénieur. Lorsque nous sommes partis il y a 20 ans en Asie au Philippines et en Thaïlande à Bangkok, où nous avons vécu 4 ans, je suis « tombée en amour » pour l’Asie comme le disent si joliment les canadiens. C’est là que j’ai découvert la beauté des pierres, la multitude des couleurs, et que je me suis prise de passion pour la gemmologie, au point de reprendre des études et d’en faire mon métier depuis, toujours avec autant de passion !

L’Asie m’a offert un cadeau immense : une passion et mon métier ; j’ai créé en retour l’association Bout d’phil, qui vient en aide aux mères de famille philippines en les formant à la couture et en leur donnant du travail. Ainsi, nous sommes capables de proposer une bague de fiançailles comme un cortège d’enfants d’honneur, un tout en un en quelque sorte ! 

Qui recevez-vous dans votre atelier ? Fiancé éperdu, jeune femme décidée ? Belles-mères péremptoires ? Heureux papa, etc. ?

Je reçois des tas de gens différents, et c’est ce qui fait la richesse de mon métier ! C’est tout ce que j’aime.

Il y a des familles assez conventionnelles qui préfèrent garder secret le choix d’une bague de fiançailles.
Des jeunes femmes qui se croient très décidées mais qui vont hésiter sur chaque détail.
Il y a des belles-mères généreuses, elles veulent faire plaisir à leurs futures belles-filles mais parfois elles projettent leurs désirs ou leurs regrets…

Bref, la joaillerie est un métier de rencontres, mon exercice est de comprendre mon client ou ma cliente et, à travers elle, les goûts de la jeune femme à qui est destiné le bijou.

Une fiancée arrive vers vous, quel est le processus de création de sa bague de A à Z ?

Choisir une bague prend du temps. Il est nécessaire pour arriver à mettre en forme ses goûts et ses désirs. Souvent, il y a deux personnes et une histoire commune à l’origine de ce bijou ; chacune doit se retrouver dans le choix final. Dans un premier temps, nous demandons à la cliente de nous écrire un mail évoquant ce qu’elle aime, ce qu’elle n’aime pas, ce qu’elle souhaite. C’est rarement le bijou final, mais c’est un bon point de départ pour commencer à proposer des montures et des pierres.

A partir de ce premier contact, nous proposons un rendez-vous durant lequel nous allons présenter différentes montures ; cela nous permet de cerner toujours mieux les goûts de notre interlocutrice. Les bagues déjà montées que nous avons dans notre showroom aident aussi notre cliente à se faire une meilleure idée de ce qu’elle souhaite.

Ensuite, en accord avec les désirs de notre cliente, nous réalisons des maquettes photos très réalistes afin de visualiser différents modèles. C’est une spécificité Berlet, cela permet de voir réellement ce que donnera le bijou une fois réalisé car vous le voyez porté sur votre propre main ! Cela demande du temps & du travail, mais il est nécessaire pour maturer le projet et permet d’évaluer les proportions, comme le rendu de la bague avec la peau ; chemin faisant, l’idée de notre cliente s’affine devant ces projets qui prennent forme, et nous finalisons ensemble un choix assez précis de monture. Pour confirmer l’esquisse, nous réalisons une maquette en 3 dimensions de la bague retenue. Après quelques derniers ajustements, nous lançons enfin la fabrication.

Vous voyez, concevoir un bijou pour quelqu’un est une vraie aventure ; notre métier illustre parfaitement l’adage « Sans cesse sur le métier remettez votre ouvrage ! » Nous désirons vraiment que notre cliente reparte satisfaite, elle sera alors notre meilleure ambassadrice !

Risque-t-on de se lasser un jour ? Quels écueils éviter ?

Une bague s’adopte. Pour cela, il faut qu’elle vous ressemble ; les choses trop originales peuvent lasser, les choix très classiques aussi. C’est notre travail de joaillier de diriger notre cliente vers une bague qui lui ressemble et dont elle ne se lassera pas dans le temps. 

Rubis, caractère bien trempé… Saphir, jeunes femmes plus discrètes : info ou intox ?

Il est vrai que certaines pierres portent en elles des caractéristiques qui peuvent influencer les femmes ;

le rubis, par sa couleur, évoque la passion et c’est pourquoi on l’assimile aux caractères forts.

Le saphir a une allure sage, il présente pourtant une variété infinie de couleurs : jaune, violet et bien sur une palette fabuleuse de bleus, certains d’une intensité troublante…

Le diamant, par sa blancheur et sa transparence, est gage d’éternité : il pare les princesses de nos contes de petites filles et donc naturellement séduit les idéalistes.

Les émeraudes inspirent les jeunes femmes délicates et soigneuses, elles symbolisent aussi les optimistes car c’est la couleur de l’espérance.

Les aventurières porteront leur choix vers des pierres plus typées tels les saphirs roses, ou les spinelles dont les couleurs (bleu, rose, mauve, vert…) portent en elles une originalité certaine.

En réalité, la symbolique des couleurs est intimement liée à celle des pierres et à ce qu’elles évoquent. De plus, notre bagage culturel définit la perception et l’idée que nous nous faisons des différentes gemmes. Aujourd’hui, le choix est très varié, et offre un panel incroyable de possibilités.
Monter une pierre classique comme un saphir, avec des pierres de couleurs pour la parer, donnera une bague personnelle et originale. C’est tout le but d’une bague sur mesure : il faut qu’elle vous ressemble pour que vous l’adoptiez. 

 

Y a t-il des pierres à privilégier en fonction d’un mode de vie ou d’un autre, des pierres ou montages plus fragiles ?

Les pierres précieuses et fines sont classées en effet selon un indice de fragilité ; délicat d’escalader les montagnes avec une émeraude sertie griffée ! Le diamant a une réputation justifiée de solidité mais n’est pas non plus incassable. Les femmes hyper actives seront plus sereines avec une pierre de dureté de 8 à 10 (rubis par exemple), et sertie clos pour la protéger. Une bague doit vivre avec sa propriétaire, il faut donc la concevoir en ayant effectivement à l’esprit son mode de vie.

Peut-on porter différents types d’or sur soi en même temps ?

Tout est une affaire de goût : longtemps je n’ai pas mélangé sur la même main des ors différents, mais c’est vraiment une sensibilité personnelle ; maintenant j’aime beaucoup ce mariage de couleurs. C’est d’ailleurs ce que nous proposons avec la bague Berlet interchangeable : le cabochon de quartz rose est serti d’or rose, tandis que le jonc de la bague, sur lequel se fixe la pierre, est en or blanc. C’est une monture que j’affectionne particulièrement, justement pour son originalité et son audace ; nous la déclinons presqu’à l’infini !

Et que penser des pierres  fines ? Pour un budget certes plus intéressant, sont-ce des pierres adaptées aux fiançailles ?

Les pierres fines offrent un large choix de couleurs, et permettent des créations plus originales :
on peut parfois, pour un même budget, acquérir une pierre d’un volume beaucoup plus important, jouer sur les volumes, la taille : les pierres ornementales, en cabochon, sont très à la mode depuis quelques années ; on réalise des bijoux ravissants, originaux et lumineux. Pour des petits budgets, c’est une alternative intéressante.

Cependant, une bague de fiançailles est un symbole, il a ses codes propres. Les pierres traditionnelles gardent la côte auprès des jeunes femmes d’aujourd’hui qui, toutes modernes soient-elles, transposent leurs rêves de petite fille dans cette étape essentielle de leur vie…

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à une jeune femme qui n’a aucune idée de ce qu’elle aime comme pierre ? Par où commencer ? Est-ce une question de coup de cœur ?

Bien sur, quand on découvre l’univers des pierres et des bijoux, on ne sait pas ce qu’on aime ! C’est tout l’intérêt d’entrer en contact avec un gemmologue qui permettra de faire émerger des goûts, des tendances. Le contact avec notre cliente est primordial et notre mission comporte une grosse part d’intuition : il faut qu’elle se sente bien, comprise, et non assaillie par différentes options. Notre métier est avant tout du conseil et de l’écoute.
Nous cherchons à percer les goûts et les désirs de nos clientes, et à faire « matcher » leur bijou avec ce qu’elles sont intrinsèquement ; c’est à ce prix qu’on ne se lasse pas de sa bague. C’est à cette réussite que moi, joaillère, je veux arriver ; chaque bague est une aventure unique, pour ma cliente comme pour moi qui l’accompagne.

On entend souvent : bijou enlevé, bijou volé/perdu : peut-on porter tout le temps sa bague / son bijou ?

Un bijou se porte, c’est effectivement le meilleur moyen de ne pas le perdre. Certaines les enlèvent la nuit, d’autres seulement au moment de changer de bague. Tout est une affaire d’habitude à mettre en place, comme avec ses clefs ou son sac !

Quelques mesures de prudence s’imposent : fermer la bonde de son lavabo en se lavant les mains, mettre sa boite à bijoux hors de portée des petits, ne pas les laisser jouer avec… Des règles de bon sens qui doivent nous permettre de garder longtemps nos précieuses pierres !

Quel entretien et fréquence de révision conseillez-vous ?

A la remise du bijou fini, je partage plein de petits trucs et astuces pour garder des bijoux étincelants, comme au premier jour. Les pierres et les métaux sont de nature différente et il faut donc en prendre soin en prenant en compte leurs spécificités.
Cependant, chacune d’entre nous peut vérifier régulièrement que sa bague est en bon état : en la tenant par l’anneau et la secouant près de son oreille, on entend très bien bouger une pierre si une griffe fait défaut. Dans ce cas, il ne faut plus la porter au risque de perdre une gemme, et la faire réviser rapidement.

Hormis ces circonstances, une révision tous les 10 ans est bienvenue, elle permet de contrôler la bonne tenue de la pierre, son état, et de vérifier la monture. Cela peut aussi parfois être l’occasion de changer la monture pour donner à votre bague une nouvelle vie.

 

Merci Agnès, pour ces propos… brillants, nous parions que vous ne regarderez plus vos bijoux du même oeil !

Charlotte de B

Consultante et rédactrice pour la presse généraliste, la curiosité de Charlotte n'a d'égal que sa gourmandise. Toujours à l'affut de portraits ou lectures inspirantes, conseils déco, mode ou bien-être, elle vous régalera d'idées adaptées aux mums comme aux tout-petits. Heureuse maman de 3 loupiots.

 

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