Le CMV, si on en parlait un peu plus ?

Le CMV, si on en parlait un peu plus ?

Chaque année, plus de 800 enfants naissent avec ce virus. Dans 80% des cas les bébés vont bien mais dans les 20% restants, ces enfants ont des handicaps plus ou moins lourds voire décèdent. Alors pourquoi parle t-on si peu de ce virus ??

Le CMV, qu’est-ce que c’est ?

Le CMV est un virus particulièrement répandu, de la même famille que l’herpès, la varicelle et la mononucléose. Plus de 50% des adultes seraient contaminés. Ses symptômes passent le plus souvent inaperçus chez les individus en bonne santé : fièvre, fatigue, courbatures… On peut les confondre avec ceux de la grippe.

Néanmoins, le cytomégalovirus est extrêmement dangereux chez les femmes enceintes, car il peut être transmis au fœtus et entraîner de lourdes séquelles. Plus il est attrapé tôt pendant la grossesse (au cours des 3 premiers mois), moins les risques de transmission sont élevés mais plus les séquelles sont graves s’il est confirmé que le virus a traversé le placenta. Lorsqu’il est attrapé tard, il est presque systématiquement transmis au fœtus mais les séquelles sont de moindre importance.

Quelles séquelles ont été observées ?

  • Déficiences auditives allant jusqu’à la surdité
  • Cécité
  • Malformations
  • Handicap mental
  • Handicap moteur
  • Retard de croissance
  • Décès in utero
  • Décès quelques temps après la naissance

L’enfant peut également naître en bonne santé et présenter, plusieurs années plus tard, des troubles de la vue ou de l’audition.

Comment l’attrape-t-on ?

Le virus se transmet par les larmes, la salive, les urines, les sécrétions nasales, le sang, le sperme et les sécrétions vaginales.

Il est extrêmement courant chez les enfants de moins de 3 ans qui se le transmettent facilement en s’échangeant des jouets, des tétines, des doudous…

tetine salive cmv

Quels sont les gestes de prévention à adopter ?

Soyez prudente si vous êtes en contact avec de jeunes enfants : si vous allez chercher vos aînés à la crèche, si vous travaillez dans le domaine de la petite enfance, lorsque vous allez chez le pédiatre ou si vous fréquentez souvent des enfants dans votre entourage proche.

Adoptez ces réflexes d’hygiène :

  • Lavez-vous les mains régulièrement
  • Evitez les bisous sur la bouche
  • Lavez-vous les mains après chaque changement de couche
  • Ne buvez pas dans le verre de vos enfants, n’utilisez pas leurs couverts, ne terminez pas leur assiette
  • Evitez de vous baigner avec vos enfants et de partager la même serviette

Votre mari également doit prendre ces précautions pour éviter d’être contaminé puis de vous transmettre le virus.

Comment interpréter les résultats du dépistage ?

Dans votre bilan sanguin, le CMV est contrôlé avec deux types d’immunoglobulines : les IgM et les IgG. Les IgM sont des anticorps qui apparaissent dès l’infection et disparaissent quelques temps après. Les IgG sont des anticorps qui apparaissent après les IgM et restent à vie.

  • Si les deux sont dans la fourchette négative, cela signifie que vous n’avez jamais été contaminée. Vous n’êtes pas immunisée non plus.
  • Si vous avez des IgM positives, cela peut révéler une infection récente. Pour le confirmer ou non, un nouveau bilan sanguin permettra de voir l’apparition ou non d’IgG.

Si les IgG restent négatives, rassurez-vous, vous n’avez a priori pas été contaminée et le taux d’IgM a pu être faussé par autre chose.

Si le nouveau bilan sanguin révèle l’apparition d’IgG, votre médecin vous prescrira un test d’avidité afin de dater l’infection.

  • Si vous avez des IgM négatives et des IgG positives, vous avez probablement été contaminée mais pas assez récemment pour que cela soit préoccupant. Vous êtes immunisée. Continuez néanmoins à respecter les règles d’hygiène car il est préférable d’éviter une nouvelle infection.

Si vous avez la moindre interrogation, n’hésitez pas à contacter votre médecin pour qu’il vous donne davantage d’explications.

Pourquoi en entend-on si peu parler ?

Aussi étonnant que cela puisse paraître, on découvre de nombreux témoignages de mamans qui ignorent totalement ce qu’est le CMV. Parmi elles, certaines ont déjà deux ou trois enfants !

Si on en entend si peu parler, c’est probablement parce qu’il n’existe pas encore de traitement efficace. En France, le dépistage n’est donc pas systématique. Néanmoins, vous pouvez demander à votre médecin de vous le prescrire s’il ne l’a pas fait au début de votre grossesse.

En parler davantage permettrait de prendre bien plus de précautions, comme pour la toxoplasmose et la listériose, et de réduire considérablement les risques de contamination.

La recherche avance

Un traitement pour les formes peu sévères d’infections s’est révélé concluant d’après une étude menée à l’hôpital Necker à Paris. Il permettrait la naissance d’un enfant sain dans 80% des cas. Espérons que la recherche permette un jour de mettre au point un traitement efficace dans tous les cas.

 

Apolline Boyer Chammard

 

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