« Cette famille vit un drame, comment puis-je l’aider ? »

« Cette famille vit un drame, comment puis-je l’aider ? »

Touchés par des épreuves que traversent des familles qui nous sont proches, nous aimerions tant prendre un peu de leurs souffrances sur nos épaules. Mais il faut bien l’avouer, nous sommes souvent envahis par un sentiment d’impuissance face à la difficulté de la tâche.

On aide comme on voudrait être aidé.

L’empathie que l’on ressent pour la famille – c’est à dire la capacité à se représenter ce qu’elle vit – est précieuse, c’est un moteur pour l’accompagner dans la durée. Mais prenons le temps de réfléchir à ce que l’on va proposer. Car nous aidons l’autre tel que l’on voudrait soi-même être aidé. Le gap entre ce qu’il attend de nous et nos actions peut s’avérer important. Pouvoir demander simplement ce dont il a besoin est crucial.

Cela peut être aussi bien une aide matérielle, comme la préparation de repas, la conduite des enfants à l’école, qu’un moment de détente passé ensemble. Une proposition d’aide matérielle régulière est particulièrement à ménager car, par elle, la famille se raccroche à une quotidienneté qui permet de ne pas sombrer. C’est une aide qui doit accepter d’être refusée, malmenée, dépendante de l’autre !

Des mots magiques qui ne viennent pas :

Face aux larmes, aux traits tirés, aux sourires figés, nos gorges se serrent et notre esprit se vide des mots que nous voudrions doux et réconfortants. On doit alors trouver une autre manière de communiquer notre pensée.
Elle peut passer par le corps, le toucher, le regard, les petites attentions ou l’écrit. A nous de faire selon nos prédispositions et aussi en fonction de la réceptivité et des besoins de l’autre.

Accepter le temps :

Faire face à une lourde épreuve, précipite la famille dans une temporalité qui lui est propre. Inconsciemment, nous projetons la nôtre: « c’est trop rapide », « ça dure depuis trop longtemps… ». C’est un acte difficile que de se défaire de ses propres repères temporels pour accueillir la famille dans ce qu’elle vit.
Une chose est sûre, notre présence doit être continue et s’inscrire dans la durée. Lorsque chacun reprend sa vie et passe naturellement à « autre chose », c’est ici que notre ami nous attend.

Des tuteurs pour avancer :

Aider la famille passe parfois par prendre soin, de manière particulière, d’un membre seulement : porter une attention particulière à celui avec qui on aurait un lien privilégié et devenir par là une ressource sur laquelle toute la famille pourra s’appuyer.

Souvent plus lucides sur les impacts de l’événement dramatique, il est bon, parfois, de pouvoir doucement les orienter vers des professionnels.

Accompagner la famille dans sa transformation :

Un événement douloureux vient irrémédiablement remanier la famille. Elle doit composer avec des éléments difficiles et construire un nouvel équilibre. Par notre regard bienveillant envers elle, nous devons accepter de l’aider à « devenir comme après » et non à chercher à tout prix à être la même famille qu’avant.

Mathilde Tiberghien

Psychologue clinicienne, psychothérapeute familiale et conjugale. Passionnée par son métier, elle reçoit en libéral bébés, enfants, adultes mais aussi la famille toute entière.

Son parcours de thérapeute accompagnant le début et la fin de vie mais aussi le handicap, le trauma, l’autisme ou la maladie lui a permis de développer des outils créatifs adaptables à chacun.

www.mathildetiberghien.com