Reconversion professionnelle : ces femmes sont passées par là !

Reconversion professionnelle : ces femmes sont passées par là !

Aujourd’hui, nous partons à la rencontre d’Héloïse, Marine, Morgane, Nausicaa et Ophélie. Des jeunes femmes pétillantes aux parcours aussi différents les uns que les autres.

Elles ont toutes deux points communs : la trentaine et sont en cours de reconversion professionnelle.

Que ce soit par choix, par vocation ou par amour … Elles ont eu la gentillesse de témoigner en répondant à nos questions avec la plus grande sincérité. 

Qui es-tu ? Quel était ton rêve de petite fille ?

Héloïse, 31 ans, en union libre, maman de Yuri (2 ans). Dès son jeune âge, elle rêvait de stylisme et de scénographie ; 

Marine, 32 ans, pacsée. Petite fille, elle savait qu’un métier manuel ou artistique serait sa vocation ;

Morgane, 30 ans, mariée et maman de Mathys  (2 ans). Jeune fille, elle avait de nombreuses idées de métiers : journaliste, reporter animalier, maîtresse, écrivain, bibliothécaire, conteuse, conservatrice de musée ;

Nausicaa, 31 ans, en couple et maman d’une adorable chienne, Lune. Enfant, Nausicaa a elle aussi rêvé à de nombreux métiers : vétérinaire, Miss France, styliste ou encore architecte d’intérieur ;

Ophélie, 31 ans, en union libre et maman de deux enfants de Camille (3 ans) et Margot (1 an). Devenir organisatrice de mariages ou décoratrice l’ont toujours fait rêver.

Quel est ton cursus, ton premier métier ?

Après un bac littéraire, Héloïse s’inscrit en licence de Théâtre « l’une des seules branches qui accepta mon dossier (…), mes notes au bac n’étaient pas bonnes sauf en théâtre ». Elle commence ensuite par travailler dans la production audiovisuelle où elle débute en tant qu’assistante, puis chargée de production. 

Toujours passionnée par ce qui touche le domaine artistique, Marine, obtient un CAP et un BAC Arts Graphiques. Elle enchaîne avec un BTS MUC dans l’espoir de mêler ses compétences en graphisme et au commerce.

Morgane obtient un bac littéraire mais sans idée précise d’orientation. Amatrice de livres, elle s’inscrit dans un IUT Métiers du Livre. Au cours de sa formation, elle effectue un stage où elle assiste un éditeur jeunesse puis, un attaché de presse. Elle découvre le métier d’attaché de presse, apprécie être au contact avec des journalistes, trouver des arguments de vente ou organiser des rencontres avec les auteurs. Morgane s’oriente alors vers un master en communication et négociation. Puis, enchaîne les stages dans des services presse ou communication de lieux culturels où elle passe de très bons moments.

Bac ES en poche, Nausicaa passe ensuite quelques mois en fac d’Arts Plastiques. Sous la pression de sa maman, elle reprend ses études en allant en fac d’Histoire. Parallèlement, Nausicaa entre dans l’univers de la restauration à Paris et évolue de services en services durant 12 années « pendant un temps, j’ai pensé avoir trouvé ma voie professionnelle et j’ai eu beaucoup de beaux moments dans ma carrière ».

Enfin, Ophélie, a obtenu un BAC Technologique dans le Sanitaire et Social « j’ai fait ce BAC pour suivre une copine et parce que personne ne croyait en mes projets ». Puis, s’oriente ensuite vers un BTS Diététique mais au bout d’un an, Ophélie se rend compte que cela n’est pas fait pour elle, « je me suis noyée et j’ai remboursé un crédit étudiant de plusieurs milliers d’euros en souvenir ». Puis, en « accord » avec ses parents, elle trouve un poste de remplaçante Aide Médico Psychologique dans un établissement « je n’aime pas vraiment ce travail (…) mais faute de mieux je prends ». Ophélie a toujours en tête des rêves d’organisation de mariages, mais elle fait une croix dessus pensant qu’elle n’en a pas les capacités. Après deux ans d’alternance elle obtient un diplôme d’Aide Médico Éducative puis celui d’Educateur Spécialisé mais rapidement, elle déchante. Elle pense souvent à arrêter mais faute de plan B, elle continue. Ophélie reprend confiance en elle lors d’un CDD où elle s’éclate  « j’adore ce que je fais, avec qui je bosse, le salaire est dingue tout est parfait, sauf que c’est un CDD ». Enceinte de son premier enfant, elle commence un nouveau CDD « (..), je suis passionnée par ce que je fais, trop peut être. J’y passe beaucoup de temps, je ne respecte pas le début de mon congé maternité ». Au retour de son congé maternité, elle postule pour un CDI. Dès le début, elle vit mal ce poste mais c’est un CDI et elle aime la mission. Malheureusement, elle vit un enfer avec sa cheffe « (…) je perds toute confiance. Retour à la case départ. Elle me brise et profite de ma seconde grossesse pour me mettre le dernier coup fatal. Je pars en congé maternité et mon retour est pire que tout. Jusqu’à ce que je craque ».

Changer de métier, de voie : oui, mais pourquoi ?

Alors chargée de production, Héloïse sent que sa place n’est pas là, ne désir pas gravir les échelons. A 29 ans, naît son fils « il m’était impossible de reprendre un travail avec les mêmes horaires, le même stress ». Elle décide de saisir cette occasion pour changer de voie.

En 2020, Marine à 32 ans, elle est assistante de Direction. Son conjoint muté dans une autre région, elle décide  naturellement de le suivre « sans ça, je pense que je n’aurais jamais quitté mon travail. Certes (il) me plaisait et me permettait de bien gagner ma vie, mais ne m’épanouissait pas vraiment ».

Alors qu’elle a 23 ans, Morgane décroche un CDI dans une agence de communication culturelle « tout semblait parfait, sauf que je travaillais d’arrache-pied, de jour comme de nuit (…), j’accompagnais des journalistes aux quatre coins de la France. Mais cela a commencé à m’épuiser ». A la merci des médias réclamant le meilleur scoop, Morgane n’arrive plus a donner de sens à son métier « Je me disais : « si demain je meurs, quelle aura été ma contribution sur cette Terre ? ». Elle commence alors du bénévolat à la Croix Rouge ce qui lui permet d’être dans un monde « concret, vrai, réel, dans lequel je me sentais utile. C’était le moment pour moi de tout remettre en question. J’avais 25 ans ».

L’élément déclencheur pour Nausicaa est son immigration au Canada « changer de pays de résidence a été une expérience qui m’a changé et qui a changé ma façon de penser, de percevoir ma vie. Le Canada est très différent de la France, pas comparable. C’est ni mieux, ni moins bien que la France c’est juste plus épanouissant pour moi ». Il y a deux ans, elle réalise que malgré les avantages de la restauration, elle ne veut pas de cette vie. Elle découvre alors le Pilates. Nausicaa admet qu’elle n’est pas une grande sportive, mais que « avec le Pilates, j’ai découvert une discipline sportive épanouissante (…), mais surtout une nouvelle carrière, qui pour la première fois de ma vie me passionne (…). J’aime prendre soin des gens (…). Le Pilates, ce n’est pas que du sport, c’est une discipline sportive qui tente d’améliorer le quotidien (…) en faisant prendre conscience du corps (…) ».

En 2019, Ophélie a 31 ans et en congé maternité. Elle se remet en question et arrête de se mentir « cette orientation professionnelle n’est pas la mienne, (…) ». Toujours malmenée par sa cheffe, elle décide de tirer un trait sur le social «  je le dis à voix haute : je ne veux plus bosser dans le social. C’est terminé ». Après discussion avec son conjoint, elle fait une demande de formation pour travailler dans les ressources humaines. Sa directrice est d’accord, mais l’organisme n’a plus les financements nécessaires. Elle demande alors une rupture conventionnelle, elle craque, puis s’ensuit un long arrêt maladie, une dépression. Et puis un jour, « miracle, comme un signe du destin. Une entreprise où j’avais demandé un stage pour ma formation dans les ressources humaines me contacte : ils me proposent un poste en tant qu’Assistante RH junior. Le destin ». Nous sommes alors en plein confinement.

Quelle est ta nouvelle orientation, comment t’y es-tu prise ? As-tu été soutenue ?

Décision prise, Héloïse souhaite un travail non loin de chez elle, aux horaires fixes « j’ai eu envie de me rapprocher de l’univers de la mode et j’ai commencé par travailler dans un vintage shop. J’ai immédiatement senti que j’étais en phase avec mes affinités ». Elle est soutenue par ses proches, mais reconnait qu’elle a eu de nombreuses remarques du fait de quitter un monde aussi prestigieux que celui de la production. 

Marine est soutenue à 100 % par ses proches. Son projet mûrit doucement, surement mais reste sur ses gardes « car ce serait une création d’entreprise ». Elle souhaite retourner à ses premiers amours : le graphisme. Cependant, elle aura besoin d’une période de réflexion mais aussi se former pour réapprendre les bases de ce métier.

Morgane quant à elle, décide de s’orienter vers le métier de professeur des écoles « métier utile, stable, emploi du temps équilibré, j’ai foncé ». Elle commence par travailler un an en tant que remplaçante « ça a été une vraie révélation. Voir les yeux des enfants qui brillent quand tu leur apprends quelque chose ça n’a pas de valeur ». Puis, elle passe le Concours de Professeurs des Ecoles, qu’elle obtient du premier coup « mon entourage m’a beaucoup soutenu, même si certains m’ont prévenu des difficultés du métier, et des problèmes de gestion du gros mammouth ».

Au Canada, Nausicaa rencontre des personnes incroyables, qui l’ont beaucoup aidé, poussé vers cette nouvelle aventure « j’ai dû prendre des cours d’anatomie, un domaine totalement inconnu et exigeant afin de pouvoir commencer les formations pour devenir professeur de Pilates ». Elle se sait soutenue et accompagnée par son entourage aussi bien familial qu’amical, mais aussi par la propriétaire du studio de Pilates, devenue « (son) mentor dans ma reconversion ».

Bien qu’ayant attendu de craquer pour dire stop, lorsque le destin fait sonner son téléphone, Ophélie fonce « j’ai démissionné à la seconde où j’ai su que c’était bon pour le poste. Complètement inconsciente : sans promesse d’embauche, sans levé du confinement, … ».

Aujourd’hui, où en es tu ? As-tu fait le bon choix ? 

Pour Héloïse, ce changement professionnel est positif « la vie est trop courte pour s’obstiner. J’étais tiraillée, aujourd’hui je ne le suis plus ». Elle sait que le chemin est encore long, qu’à 31 ans faire le travail d’une jeune fille de 20 ans n’est pas toujours évident mais pour elle,  « se sentir à l’aise dans ce qu’on fait me parait essentiel ».

Marine est « parfaitement épanouie dans cette transition ». Elle en a conscience, elle est chanceuse de pouvoir se tromper, sans dommage « je perçois ce temps comme une opportunité de réaliser un projet rien qu’à moi ». Suivre son conjoint dans une région inconnue est un sacré changement, alors elle prend cela comme « une vraie chance de me réaliser professionnellement ».

Bien qu’ayant également suivi son mari dans une autre région de France, depuis 2 ans, Morgane est coincée. Son inspectrice refuse sa mutation « je ne peux pas exercer le métier que j’aime, alors que je suis dans une région qui manque d’enseignants. Un non-sens. Je me sens très frustrée, révoltée. Pourtant je sais qu’enseigner est ma vocation. Car c’est un métier à vocation ».

Avant d’entreprendre ce nouveau chapitre de sa vie, Nausicaa a fait en sorte d’avoir les moyens financiers d’y arriver. Au Canada, les reconversions sont courantes et bien perçues « j’ai pris le temps de me reconvertir pour plusieurs raisons (…). Je ne regrette pas d’avoir pris ce temps pour faire ça bien et avec réflexion ». Malgré la Covid-19, Nausicaa quitte son emploi de manager de restaurant pour se « lancer à fond dans le Pilates ». Elle en est convaincue « j’ai fait le meilleur choix de ma vie ». Elle doit cependant terminer sa formation retardée pour cause de Covid. Cela ne l’empêche pas de poursuivre sa pratique, son apprentissage et de « mettre toutes les chances de mon côté ».

Ophélie le ressent, elle est aujourd’hui « soulagée d’avoir démissionné, d’avoir quitté cet environnement plus qu’impossible à vivre. Cette boite m’a détruite. (…) ». Elle est fière d’elle car elle a fait « MON PROPRE choix sans suivre personne (…) Il était temps de faire des choses pour moi. J’ai 31 ans, je ne sais pas où je vais, mais je sais où je ne veux plus mettre les pieds ». Ophélie fait actuellement ses premiers pas dans son nouveau poste et nous lui souhaitons le meilleur !

Merci à vous : Héloïse, Marine, Morgane, Ophélie et Nausicaa pour vos riches et poignants témoignages, vous êtes des sources d’inspiration. Que cette nouvelle page vous rende heureuse et encore plus épanouie ! 

A vous toutes : peu importe votre parcours, votre situation. Il n’est jamais trop tard pour croire en vous, enfoncer des portes, sauter des barrières et faire ce qu’il vous plaît !

Eglantine Zabiaux



En couple depuis 11 ans mariée depuis 2015. Travaillant depuis de longues années dans le monde de la restauration, Eglantine aime découvrir de nouveaux horizons. Durant son temps libre elle s’essaye à l’écriture.
Passionnée par les voyages, la littérature, la déco, l’amour, l’amitié et les rencontres. Très curieuse, elle déborde d’imagination (parfois peut être un peu trop !).