Bégaiement des enfants : ce qu’il faut faire et ne pas faire !

Bégaiement des enfants : ce qu’il faut faire et ne pas faire !

Chères mamans,

Les troubles de la parole inquiètent mais, sachez-le, beaucoup d’enfants bégaient à un moment clé du développement du langage, vers 3 ans, lors du stade qu’on appelle « stade d’explosion lexicale », phase importante de la structuration langagière.
L’enfant a du mal à adapter son rythme de parole à sa pensée, il commence à maîtriser un nombre important de concepts mais sa parole ne suit pas. Ce trouble est fréquent et, la plupart du temps, disparaîtra spontanément : 8 enfants sur 10 ne bégaieront plus.

Comment faire pour éviter que le trouble de la fluence ne se fixe ?

Le bégaiement

On distingue plusieurs manifestations différentes qui déterminent le type de bégaiement

  • des répétitions du premier phonème ou syllabe d’un mot ;
  • des blocages sur certains phonèmes et sur les voyelles en début d’énoncés ;
  • des prolongations ou allongements démesurés de sons ;
  • des pauses inadaptées, en milieu de mots, accompagnées souvent d’un effort respiratoire.

Signes d’alerte

Ces manifestations s’accompagnent de signes qui sont en général des conduites d’évitement, et qui peuvent nous alerter sur le malaise de l’enfant :

  • Des ajouts de langage ;
  • Des retraits de langage ;
  • Des changements de mots, destinés à éviter les mots sur lesquels l’enfant sait qu’il risque de buter ;
  • Des signes moteurs d’opposition au bégaiement, visant à aider à la production de la parole, par exemple hochements de tête, clignements des yeux, balancements des bras.

Comment réagir ?

On ne peut pas prédire l’évolution du bégaiement, savoir s’il s’installera ou non. Le meilleur conseil à donner est donc de ne pas s’alarmer car l’enfant qui bégaie ne s’inquiète pas de ses difficultés de parole, mais de la réaction de son entourage. Notre objectif sera donc d’adapter notre communication pour offrir à l’enfant un contexte de parole plus serein, tenant compte de ses difficultés. Ces petits changements dans notre attitude de communication amèneront des petits changements dans la parole de l’enfant.

 

En règle générale, il est important :

  • de diminuer les sources de stress et de fatigue ;
  • de donner plus de place au non-verbal ;
  • de s’attacher plus au contenu du discours qu’à la qualité de la parole ;
  • de ralentir le débit ;
  • d’être attentif à sa grande qualité d’écoute ;
  • de parler avec l’enfant de ses difficultés ;
  • de reconnaître les moments de fatigue ou d’excitations nocives ;
  • de chercher ce qui inquiète l’enfant ;
  • d’informer les proches ;
  • de lui montrer ce dont il est capable et non ses limites.

 

Les conduites à éviter :

Spontanément, nous voudrions aider l’enfant de cette façon, mais ce n’est pas ce qui l’aidera, car ces façons de faire manifestent notre inquiétude et, encore une fois, l’enfant ne s’inquiète que de notre inquiétude …

  • en appelant à la volonté, on accentue en fait sur l’effort de la parole ;
  • en donnant des conseils (« respire, prends ton temps, fais une pause, parle moins vite », etc), on insiste sur la conscientisation des troubles au détriment d’une parole spontanée ;
  • en faisant comme si on ne remarquait pas les troubles, on laisse l’enfant seul avec ses efforts et on dissocie le discours du contexte, de l’interlocuteur ;
  • en regardant ailleurs
  • en bien sûr les reproches, les moqueries.

 

Les conduites qui aident :

Etre un interlocuteur attentif et actif

  • en captant bien son regard ;
  • en proposant un mot, une fin de phrase si l’enfant est bloqué ;
  • en reformulant ce qu’on pense que l’enfant veut dire pour que l’enfant puisse ajuster au plus près de son idée ;
  • en veillant à poser une question à la fois et des questions fermées ;
  • en le laissant raconter, sans l’assaillir de questions;
  • en écoutant la réponse ;
  • en laissant le temps, ralentissant le rythme des tours de parole, ménageant de longues pauses ;
  • en prenant garde aux changements de sujets de conversation trop rapides ;
  • en commençant les phrases avec douceur ;
  • en adoptant un ton chantant et doux, un phrasé plutôt interrogatif (la voix monte) ;
  • en installant de routines qui rassurent.

 

Un site à consulter pour plus d’informations :

Association Parole Bégaiement www.begaiement.org

 

© crédits photos Annaclick

Thérèse Reichert

Orthophoniste exerçant en libéral à Paris.
Spécialisée dans la prise en charge des troubles de l’oralité et du langage dans le cadre du handicap du jeune enfant, en particulier de la Trisomie 21.

Son dada ? La prise en charge précoce et le travail avec les familles.

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