Mon bébé est né prématuré

Mon bébé est né prématuré

Merci à Louise pour son témoignage sur la naissance de son Gaspard né prématuré. Séparation puis hospitalisations, cette jeune maman n’est pas la seule à avoir vécu cette situation si angoissante. Alors merci d’en parler, merci pour ce message rassurant et positif, et courage et patience à toutes les mamans qui passent par ces moments compliqués, au bout du tunnel il y a un beau miracle, une belle récompense !

Pour quelles raisons votre enfant a t-il été hospitalisé ?

Hospitalisation liée à son âge de naissance prématurée : 32 semaines
La cause : infection fœto-maternelle du fait d’un dysfonctionnement de mon foie.
La conséquence : immaturité des poumons donc intubation, instinct de succion non développé donc pose d’une sonde gastrique et pose d’un cathéter central pour les médicaments. De fait, Gaspard a été transféré dans un CHU de type 3 en réanimation pour les grands prématurés à plus de 200 km de chez nous. Gaspard est né un dimanche de printemps et je n’ai pu le voir et le toucher que le mercredi suivant.

Comment avez-vous vécu cette rapide séparation ?

Je ne l’ai pas réalisée sur le coup. Il faut se remettre dans le contexte, Gaspard est mon premier enfant, je l’aperçois quelques secondes puis tout s’enchaîne: son intubation, son départ précipité en hélicoptère… Je ne le vois pas, je sais que c’est grave, que Gaspard lutte pour vivre, qu’il y un risque de mort…mais psychologiquement, je m’enferme, je me protège, puis je culpabilise, je me sens impuissante, je ne veux pas croire à tout cela, je veux le voir! Gaspard me manque.
Mon état de santé ne me permet de le rejoindre que 3 jours après, le transfert auprès de lui n’est pas possible. Ma famille est très présente ces 3 longs jours, puis vient LE jour où je peux le retrouver!
Dès que je le vois, dans son incubateur, entouré de fil, de personnel soignant, de surveillance, je prends conscience de la situation, je ne suis plus la même, je suis une maman avec toutes les angoisses liées à ce statut. Je me découvre forte et battante. Je veux prendre sa place.

Et le papa ?

Extraordinaire, exceptionnel, un Papa comme je l’avais toujours deviné. Il a soutenu physiquement et moralement Gaspard pendant ses 3 premiers jours loin de moi. Lorsqu’il rentrait le soir me voir, il ne laissait rien paraître de ce que vivait Gaspard. Les allers-retours, les angoisses, la fatigue, les entrevues avec le corps médical…j’ai appris plus tard qu’il minimisait les choses devant moi mais que les 2 premiers jours de la vie de Gaspard avaient été déterminants. Il l’a porté corps et âme…Ils sont aujourd’hui très fusionnel, très câlins et ceux de Papa sont plus réconfortants que les miens : un lien avec ses premiers jours de lutte pour la vie, j’en suis intiment persuadée et je serais éternellement reconnaissante en mon mari de s’être battu pour nous. Il ne me le dira certainement jamais, mais il a eu les discours et les images les plus difficiles qu’un papa puisse connaître. C’est un Papa et un mari remarquable.

Comment vous-êtes vous organisés ?

Arrivés au CHU, nous nous sommes installés à la Maison des Parents (hébergement temporaire financé par les Pièces Jaunes et permet aux parents d’enfants hospitalisés de rester auprès d’eux). Pendant les 15 premiers jours, nous étions mon mari et moi constamment avec Gaspard, puis passé ces jours, mon mari a dû reprendre le travail avec des horaires aménagés. Il faisait les allers-retours et moi je restai auprès de Gaspard de 7h00 le matin à 23h00 le soir. Papa nous rejoignait vers 18h00 au plus tard. Mes journées étaient rythmées à Gaspard : les soins, 3 heures de peau à peau, je tirai mon lait ,puis les soins, le peau à peau…et ça continuellement pendant 2 mois.

Les médecins, aide-soignants, sage-femmes ont-ils été là pour vous épauler et vous rassurer quant à l’état de santé de votre bébé ?

Les équipes soignantes sont d’une aide inconditionnelle dans ces moments-là. Déjà parce qu’être une jeune maman est difficile mais être une jeune maman d’un bébé prématuré l’est encore plus. Bien sur que souvent, leurs discours sont difficiles à entendre mais ils ne sont pas là pour nous mentir ou minimiser l’état de santé de nos enfants. Alors on s’y fait, on encaisse et on affronte avec eux. Pendant 2 mois ils ont été nos repères, notre famille, nos conseils, nos amis, on s’est parfois même autorisé à rire avec eux. Ils ont une approche exceptionnelle avec les bébés et dans cette épreuve, j’ai beaucoup appris avec eux. Je me souviens de m’être effondrée la première fois que j’ai eu mon Gaspard dans les bras et son infirmière a été d’un réconfort comparable à celui de ma maman.

Avez-vous mis en place des gestes ou paroles précises pour rassurer bébé ?

Le matin, lors de mon arrivée, je posais délicatement mes mains sur son corps : une au-dessus de sa tête et l’autre sur son abdomen. Je lui demandais comment s’était passée sa nuit, s’il n’avait pas été coquin avec les infirmières…je lui racontais ce que les papis/mamies faisaient, que Papa revenait vite…
Les peaux à peaux sont très vite devenu une norme pour moi, il était hors de question de ne pas profiter pleinement de lui pendant son hospitalisation. Sentir son petit cœur, ses petites mains, ses petits pieds contre moi resteront un souvenir inaltérable.
Les bains 3 fois par semaine (pas plus pour ne pas le fatiguer) étaient d’une douceur incroyable et de fait, le seul moment où j’avais mon fils avec peu de machine rien que pour moi.
Pour Papa, le rituel était le soir, lorsqu’il rentrait du travail. Je partais évacuer la journée, appeler nos familles et lui profitait de  3 heures de pur bonheur en peau à peau qui les ressourçaient lui et bébé. Ce qu’ils se disaient : un mystère! Leur petit jardin secret!
Ha oui aussi, je lui fredonnait des chansons d’Eddy Mitchell (pour mon papa) quand je sentais qu’il n’était pas bien…et ça fonctionnait pour le calmer ! Aujourd’hui j’avoue qu’avec mon papa on lui en chante encore !
Le soir quand nous partions, nous avions un petit tableau sur lequel on lui inscrivait des petits mots doux pour la nuit, on embrassait ses petites mains et nous partions quand il était complètement endormi.

Quelles ont été les paroles qui vous ont fait du bien (corps médical ou famille / amis)?

Corps médical : qu’il ne fallait pas que l’on culpabilise sur quoi que ce soit, que la nature est faite ainsi et que Gaspard était pressé de nous rencontrer.
Nos familles / amis : qu’ils nous aimaient, qu’ils étaient fiers de nous 3 et qu’on allait faire une super fête à la sortie de Gaspard. Pour ma part j’ai une pensée particulière pour mes parents qui ont su me booster dans des moments où je sentais que je pouvais craquer. Je sais aujourd’hui que cela a été dur pour eux de me sermonner alors qu’ils pleuraient nuit et jour…

Si vous aviez un conseil à donner aux futures mamans ce serait ?

Profitez de votre petit ventre rond, chouchoutez-le, parlez à votre futur bébé et écoutez-vous.
Lorsque bébé aura pointé le bout de son nez, profitez, profitez et profitez!
Laissez-vous aller dans vos émotions, n’ayez peur de rien et n’écoutez que vous ! Câlinez-le, aimez-le! Ces moments sont précieux. N’oubliez pas que c’est votre plus belle histoire d’amour.

 

Louise Da Maia

Credit photo : ©By Anna Click

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