Allaiter ou ne pas allaiter?

Allaiter ou ne pas allaiter?

Allaiter ou ne pas allaiter, telle est la question! Vous êtes tiraillée entre les deux.
Des aprioris sur le sujet, des mauvaises expériences de vos chères amies, de possibles infections, une grande fatigue, le regard quelque fois gênant des passants… vous feraient pencher pour préférer le biberon!
Mais de l’autre côté, on vous répète à longueur de journée de beaux discours sur le côté bio et naturel de l’allaitement, qu’il n’y a rien de meilleur pour la santé de votre bébé, que c’est un prolongement de la fusion mère-enfant inscrit dès le début de grossesse…
Nous avons rencontré Bénédicte Forgeas, Sage-femme à l’hôpital de Gap, Diplômée en Lactation humaine et Allaitement maternel (DIULHAM) qui se prête au jeu des questions/réponses pour femmes indécises!

Que dites-vous à une future maman qui ne souhaite pas allaiter ?

Je lui conseillerais de bien s’informer quand même sur l’allaitement, de questionner des professionnels de l’allaitement, des mamans ayant allaité, pour prendre cette décision en toute connaissance de cause et ne pas regretter.

Il faut savoir que toutes les études montrent la supériorité du lait maternel, sur le plan de la nutrition et de la santé, mais ensuite, cette décision d’allaiter ou non relève de la liberté individuelle. C’est une décision intime et personnelle, propre à chaque future maman.

Suis-je rebelle de ne pas vouloir allaiter ?

Une fois la décision prise, on n’a pas besoin de justifier. Il y a mille et une raisons de vouloir allaiter, il y a également mille et une raisons de ne pas vouloir allaiter. Si la maman ne le sent pas, elle est libre de ne pas allaiter son bébé, sans avoir à se justifier.

Que dites-vous à celles qui hésitent à allaiter?

Qu’elles peuvent prendre leur décision au dernier moment, ou même plus tard…

J’ai déjà vu des mamans qui avaient prévu de ne pas allaiter et qui, du fait d’une circonstance imprévue, ou d’un changement d’avis de dernière minute, ont allaité leur enfant, et parfois très longtemps !

Tous les projets d’allaitement sont possibles ; certaines mamans allaitent une fois, d’autres quelques jours, d’autres quelques mois ou quelques années. L’essentiel est de se laisser la porte ouverte à tout ce qu’on va vivre avec le bébé, tout en veillant à bien s’entourer.

L’allaitement n’a pas toujours bonne presse, est-ce ringard de vouloir allaiter ?

Allaiter n’est pas ringard !C’est bon pour la santé du bébé et c’est bon pour la santé de la maman !

Sur le plan nutritionnel, c’est le « restaurant gastronomique » du bébé. Comme l’écrit le Professeur Turck dans son rapport de juin 2010 sur l’allaitement : «  L’allaitement satisfait à lui seul les besoins nutritionnels du nourrisson pendant les six premiers mois de la vie, et a de nombreux effets bénéfiques sur la santé de l’enfant à court et long terme, et sur la santé de sa mère. »

Sur le plan émotionnel, cela contribue à rassurer le bébé et à le maintenir dans ses repères sensoriels, dans la continuité de la grossesse.

Ce n’est pas la maman allaitante qui est ringarde, c’est la société qui doit petit à petit reconsidérer l’allaitement comme la norme.

En effet, ce même rapport poursuit ainsi : « Le climat sociétal général qui encourage les femmes à sevrer leur enfant peut miner leur confiance et leur capacité à poursuivre l’allaitement. Des groupes de soutien de mère à mère existent et leur efficacité a déjà été montrée. Leur maintien et/ou leur développement là où ils font défaut doit être soutenu. Si l’attitude générale de la société au sens large à l’égard de l’allaitement n’évolue pas, il est probable que les actions de soutien mises en place pour soutenir notamment le démarrage de l’allaitement resteront peu efficaces. » et préconise des mesures de promotion de l’allaitement maternel.

Le regard des autres sur une maman qui allaite ?

L’allaitement en public est peu développé en France : on y est peu habitué, on est facilement gêné. En réalité, c’est assez propre à notre pays. Même s’il augmente petit à petit, le taux d’allaitement français est l’un des plus bas au monde. Par exemple, l’allaitement à l’âge de 4 mois est maintenu dans plus de 65 % des cas en Suède et en Suisse, 34 % au Canada, 27 % au Royaume-Uni et à peine 5 % en France.

Dans tous ces pays, l’allaitement maternel est beaucoup plus habituel. Le statut de la mère y est également mieux reconnu. On allaite donc plus facilement en public. En France, ce qui rassure, ce qui est la norme, c’est le biberon.

Produire du lait, c’est naturel ; mais allaiter, c’est culturel !

Néanmoins, on peut observer que peu à peu, l’allaitement maternel se réinstalle dans notre vie sociale, les choses changent… Notamment grâce aux associations, qui permettent de faire du lien entre des professionnels bien formés et les futures mamans, qui permettent aussi des rencontres et des échanges de conseils entre jeunes mamans qui allaitent.

Et c’est justement en allaitant (discrètement !) en famille, en public, que l’allaitement redevient un geste naturel et retrouve sa place dans la société…pour le bien-être des mamans et celui des bébés !

Plus on verra des mamans allaiter, plus on sera à l’aise pour allaiter et plus nos filles seront à l’aise pour allaiter lorsqu’elles seront mères à leur tour !

Donc oublions le regard des autres et en avant l’allaitement !

Nos sages femmes

Les sages-femmes des quatre coins de France vous conseillent tout au long de la grossesse

Apolline Foyer
Louise Fontan
Pascaline Chazerans
Diane du Mesnil
Marion Vallet
Anne-Laure Zimmerli (spécialité Méthode Billings)