« Accoucher à l’étranger ? Je connais ça par coeur ! Ce que j’ai aimé et un peu moins… »

« Accoucher à l’étranger ? Je connais ça par coeur ! Ce que j’ai aimé et un peu moins… »

Accoucher à l’étranger peut effrayer plus d’une expatriée… Suivi médical particulier, éloignement de la famille, barrière de la langue sont autant de sources de stress pour une future maman. Nous vous donnions quelques conseils dans un précédent article ici.

Véritable globe-trotter, Elisabeth, 30 ans, nous raconte ses trois accouchements… dans trois pays différents : Afrique du Sud, Angleterre et Autriche ! « Je n’ai même pas imaginé rentrer en France ! J’aurais passé la fin de grossesse et probablement l’accouchement sans mon mari… Sans compter les premières semaines du nouveau-né, le temps d’avoir ses papiers ! » Alors, dans quel pays a-t-elle préféré accoucher ?

Un accouchement hypermédicalisé dans une clinique privée d’Afrique du Sud

Un suivi de grossesse très surveillé

« Par l’assurance médicale privée du travail de mon mari, nous avons eu accès à une « médiclinique » de très bonne qualité et à un suivi haut-de-gamme. Nous avions une échographie à chaque visite avec l’enregistrement vidéo souvenir sur un CD. Le luxe ! »

La césarienne conseillée

« Tout au long de la grossesse, le gynécologue n’a eu de cesse de me suggérer une césarienne, car j’attendais un gros bébé (estimé à 4 kg) et étais plutôt mince. J’ai du insister pour ne pas en avoir et il n’a finalement accepté qu’à la condition que j’aie une péridurale (alors que je souhaitais accoucher sans). Je n’ai vraiment pas eu le choix ! J’ai cru comprendre que la césarienne de confort était courante là-bas ! Mon premier accouchement s’est très bien passé et a été très rapide. Admise à 17h, j’ai accouché à 20h45. »

Une surmédication

« Ma péridurale était tellement dosée que je ne pouvais toujours pas marcher le lendemain matin. L’une de mes jambes ne répondait plus ! Durant cette première journée, les aides-soignantes ont insisté pour me donner des anti-douleurs, alors que je n’en ressentais pas le besoin. Les douleurs des tranchées, que je ressentais uniquement pendant l’allaitement, ne me gênaient pas  ! »

Une suite de couches « cocoon »

« Je suis restée deux jours et demi en chambre double à l’hôpital, mais si j’avais voulu, j’aurais pu rester une troisième nuit. J’ai bien été conseillée pour l’allaitement, même si j’en attendais plus pour une première expérience. Et j’ai pu me reposer grâce aux auxiliaires de puériculture qui gardaient les bébés à la demande (y compris la nuit). Pour le premier bain, les parents ont tous été invités à une démonstration dans la salle des bébés. Chacun à son tour, on donnait le bain avec l’assistance d’une professionnelle. J’ai trouvé ça très utile ! Etant de culture africaine, mon mari a fait le lien avec les auxiliaires de puériculture qui ne parlaient pas toutes anglais. Là-bas, été comme hiver, elles emmaillotent les enfants dans une couverture chaude. Que je me suis empressée d’enlever, quitte à les choquer ! « 

Un accouchement naturel en maison de naissance en Angleterre

Un suivi médical réduit

« Je suis tombée enceinte six mois après notre arrivée à Londres. Le suivi de grossesse y est minime. Seules deux échographies sont programmées : à 10/12 semaines pour la datation et à 20 semaines pour la morphologie. En cas de problème, il est évidemment possible d’en faire une troisième. »

Un accouchement sur mesure

« J’ai choisi d’accoucher en maison de naissance pour avoir l’expérience d’un accouchement 100% naturel. Cette option était uniquement possible si les accouchements précédents et la grossesse en cours s’étaient déroulés sans problèmes. Pas de médecin sur place, mais uniquement des sages-femmes, aucune péridurale possible. En revanche, il y avait un large équipement pour soulager la douleur : ballons, sièges spéciaux, baignoires, gaz relaxant… Je n’ai eu le temps de tester que la baignoire, car mon second fils est né, alors que je venais à peine d’entrer dans l’eau. C’était une très belle expérience : l’eau (la chaleur ?) calme radicalement les douleurs des contactions ! »

Un retour rapide à la maison

« Quand l’accouchement se passe bien, la règle est de rester 6 à 12h dans le centre de naissance. Comme notre bébé était né dans la nuit, nous avons pu rester 12h ! Nous disposions d’une très grande chambre avec lit double et salle de bain. Pas de bain encadré donc, mais un rendez-vous avec une sage-femme pour un suivi à domicile dès le surlendemain et cinq jours après la naissance. A la maison, la sage-femme a pris le temps de répondre à toutes mes questions et m’a remontré comment bien positionner mon fils pour l’allaitement. En cas de doute, un numéro nous permettait de les joindre. »

Un accouchement express dans un hôpital en Autriche

En quête d’un hôpital

« Arrivée à Vienne à peine un mois avant le terme, mon unique préoccupation était de trouver un hôpital pour accoucher. Généralement les Autrichiennes s’inscrivent durant les cinq premières semaines de grossesse pour être sûres d’être acceptées dans l’hôpital le plus proche. Heureusement, dans mon cas, arriver de l’étranger m’a permis d’avoir une place sans problème ! »

Un accouchement précipité

« J’ai accouché dans un hôpital qui ressemblait à une « usine à bébés » ! Il y a eu énormément de naissances le même jour que moi… J’ai demandé un bain à mon arrivée, mais l’unique baignoire était cassée… J’aurais pu demander une péridurale, mais mon bébé est né très vite ! »

Suite de couches à la chaîne

« Je suis restée trois nuits à l’hôpital ce qui me convenait parfaitement. J’ai eu la chance de ne partager ma chambre qu’avec une seule maman, alors que les autres chambres en accueillaient jusqu’à six ! Le personnel était présent pour répondre à mes questions, mais la barrière de la langue a réellement été un obstacle. La discussion s’arrêtait dès que je disais : « je ne parle pas allemand »…

En bref…

Vos enfants peuvent-ils bénéficier de la double-nationalité ?

« En Afrique du Sud et en Angleterre, mes fils ont chacun eu un certificat de naissance qui leur permettra plus tard des démarches simplifiées en cas de demande de nationalité… C’est différent pour l’Autriche, puisqu’un enfant ne peut être Autrichien que si l’un de ses parents l’est. »

Avez-vous choisi les prénoms de vos enfants en fonction du pays de naissance ?

« Non, mais nous avons fait attention à la prononciation anglophone et francophone de chaque prénom. Avec une difficulté supplémentaire, car il fallait que la consonance sonne juste dans la langue de mon mari, le Sesotho… Mission compliquée, mais on a trouvé Samuel, Joshua et Theotim ! »

Dans quel pays avez-vous eu le meilleur souvenir d’accouchement ?

« Londres l’emporte pour l’accouchement idéal ! Je pense que l’Autriche satisfait aussi certaines, mais l’arrivée tardive et le fait que je ne parle pas la langue n’ont pas rendu les choses faciles ! Et personnellement, je préfère l’approche d’un centre de naissance plutôt que celle de l’hôpital. »

Selon vous, quel pays offre le meilleur suivi post-accouchement ?

Le Royaume-Uni l’emporte aussi ! Les sages-femmes sont venues deux fois chez moi la première semaine et nous avions même le numéro du service pour la moindre question. Alors qu’en Afrique du Sud et en Autriche, je n’ai revu le gynécologue qu’à la visite des six semaines après la naissance. Contrairement à la France, il n’existe pas de rééducation du périnée dans ces trois pays. « 

Une anecdote ?

« A Londres, lorsque j’ai parlé de ma montée de lait douloureuse à la sage-femme, elle m’a conseillée de mettre une feuille de chou bien froide sur la poitrine. Et à Vienne, on m’a répondu d’appliquer une sorte de fromage blanc local (topfen). A chaque pays, ses techniques ! »

© photo Orlane-photos

Laetitia d'Hérouville

Mère de quatre adorables diablotins, passionnée de littérature ayant cohabité avec Oui-Oui, Tchoupi & co, Laetitia part à la rencontre des "héroïnes du quotidien", ces femmes qui élèvent leurs enfants avec une bonne dose d'humour, de patience, de courage, d'amour, de cris, de larmes et de joies indescriptibles !