Témoignage : 42 ans, 1 enfant, et j’ai repris mes études pour changer de vie

Témoignage : 42 ans, 1 enfant, et j’ai repris mes études pour changer de vie

Marjolaine a 42 ans. Mariée, maman d’une fille de 8 ans et anciennement infirmière en Suisse, elle a décidé de reprendre 3 ans études pour enfin faire le métier de ses rêves.

Un rêve de longue date

Cela fait plus de 15 ans que je veux devenir podologue. J’ai toujours pensé que c’est un métier d’aide et de proximité envers le patient. Mais dans ma région, il n’y a pas d’école spécialisée. J’ai donc mis cette idée entre parenthèses.

J’avais vraiment envie d’évoluer vers davantage d’autonomie.  C’est là que j’ai appris l’existence d’une formation de 3 années pour devenir podologue en Suisse. Pour moi, ça a été comme un signe.

Comment as-tu pris la décision ?

J’étais prête au changement mais sauter le pas a été autre chose. C’est une décision qui a été mûrement réfléchie en famille. Je ne me voyais pas devenir « un poids ».

Comme j’ai été frontalière pendant longtemps, la scolarité est gratuite : c’est un sacré atout. Surtout que je n’ai droit à aucune aide ni aucun financement de la part du Pôle Emploi par exemple.

Et puis, j’ai eu tout le soutien de ma famille et de mes proches. Je savais qu’ils allaient m’aider chacun à sa façon. Ce soutien est hyper important à mon avis.

Quels sont les changements que cela implique ?

Tout d’abord, il y a un véritable changement d’organisation. Je pars à 6h du matin et je rentre à 19h30 cinq jours par semaine. Ce n’est plus moi qui accompagne ma fille à l’école. Je gère beaucoup moins le quotidien : courses, repas, affaires courantes c’est principalement mon mari qui s’en occupe…même si je tiens à garder un œil sur tout ça ! Son rôle a véritablement changé.

Le week-end, je dois « faire mes devoirs », il a donc fallu m’aménager un espace de travail rien qu’à moi. Et puis, du coup, il y a beaucoup moins de sorties.

Ensuite, l’autre changement est clairement financier. Pendant 3 ans, le temps de ma formation, je n’aurai aucun revenu. Ma famille et moi nous avons réorganisé nos dépenses. Par exemple, nous avons fait le choix de nous séparer d’une voiture. C’était confortable d’en avoir deux mais pas indispensable. Notre budget course ou loisir a aussi changé. Je cuisine à l’avance pour gagner du temps par exemple.

J’ai conscience que mon choix pèse sur tout le monde et que je leur demande à tous un sacrifice, mais ils l’acceptent très bien.

Quels sont les points positifs et négatifs de ce changement de vie ?

Le grand point positif est celui d’oser réaliser son rêve. Retourner à l’école me faisait un peu peur. Mais je travaille différemment qu’avant. Je sais aller à l’essentiel et apprendre efficacement. Même si je suis parfois un peu « la maman » de la classe, cette position ne me gêne pas. Je sais qu’à terme ma qualité de vie sera nettement améliorée. En effet, je serai autonome dans mon propre cabinet avec la gestion totale de mon activité.

L’autre point positif est que j’apprends à me faire confiance. A nos âges, on ne perd pas de temps inutilement, on va à l’essentiel. Le but est clair. On sait faire des liens avec la réalité du terrain et ne retenir que le nécessaire.

Je suis fière de pouvoir repartir de zéro. C’est possible…même si ce n’est pas toujours facile.

La chose qui me chagrine le plus est la peur de manquer d’argent. A tel point que je pense reprendre un p’tit job à côté. Peut-être un soir par semaine ou le week-end. Maintenant que j’ai presque fini ma première année, je perçois mieux ce que l’on attend de moi et je pense pouvoir assumer les deux.

En résumé, je peux dire que changer de vie est possible pour tous et quel que soit son âge, mais qu’il faut bien « ficeler » le projet. Alors prête à vous lancer ?

 

*la photo principale ne correspond pas à la personne qui a témoignée.

©Sabrina Soave pour MAMAN VOGUE